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Dave PIKE, Jazz For The Jet Set

Lundi 7 février 2011

En bon apprenti audiophile que je suis et accoutumé au son approximatif de ma vieille chaine, je tombe toujours sur le cul quand je me passe un disque fraîchement arrivé. J’en ressens une profonde émotion et pense à la superbe chanson de Philippe Katerine « Ma vieille chaine », ritournelle mélancolique traitant de sa formation individuelle à l’écoute avec beaucoup de poésie. Je viens donc de recevoir de chez Cosmic Groove une commande que j’avais mûrie depuis quelques temps. Dave Pïke – Jazz For The Jet Set (Atlantic Records 1966).

Easy hifi-listening…

Je m’aventure dans ce jeu de mot car il décrit parfaitement mon ressentiment à cette écoute. Soucieux de découvrir l’artiste et cloué derrière mon ordinateur, seul le net me procure ce lien à la découverte. Je trouve donc des mp3 de cet album qui éveilla ma curiosité autant par les promesses graphiques de sa pochette que par la source de cette découverte. Je charge ça sur l’ipod et les morceaux qui s’enchaînent animent gentiment les repas de mes enfants le soir. J’apprécie.

Je me renseigne donc plus avant et apprend plus sur le bonhomme. David Samuel Pike, né en 1938 à Détroit apprend la batterie à huit ans puis passe en autodidacte au vibraphone. Il est l’un des premiers à avoir amplifié ses instruments et à explorer de nouvelles pistes plus texturées dans les univers du Latin Jazz. Ses collaborations les plus connues sont avec le flutiste Herbie Mann, qui a produit Jazz for the Jet Set, et auquel participe aussi Herbie Hancock. Tout ceci me parle et semble ressortir de ce mp3 que j’écoute, mais comme me le disait ma femme (cf. Colombo) : « ça fait musique d’ascenseur ». Certes, ça peut s’entendre autant que s’écouter, mais l’effet mp3 joue en sa défaveur et j’ai hâte de vérifier sur pièce. Le résultat sera sans aucun doute sans appel…

De l’intérêt du vinyle !

Le disque arrive donc ce samedi matin, et ce qui m’avait tout d’abord attiré, soit la pochette, est scellée sous film et se révèle superbe. Du pur Space Age revêtant du Cardin plutôt expérimental dans des couleurs très vives rendues émouvantes de part la qualité photographique de la vue. Ce pressage américain de Atlantic Records est très engageant. Je fais chauffer, je dépose le disque, je suis au quart, à peine, du volume. Je dois m’asseoir !

Ça commence par une ambiance sonore très Blue Note et je me rapproche un peu de Lou Donaldson. Mais là, il y a du monde, on est moins dans un caractère intime bien que plutôt feutré. Toute la complexité des éléments sonores du Latin Jazz passent en revue et un véritable spectre holographique se dégage des Heresy III. C’est d’une richesse imperceptible sur les mp3 chargés par curiosité, mais d’une évidence à l’écoute de ce disque.

Je me jette sur le casque pour envisager la chose plus en détail. Certains papiers dans la presse audiophile parlaient du Denon AH-A100 comme d’un casque un peu fort ou peu subtil sur les basses. C’était le moment de commencer à me faire un avis. Le genre semble idéal pour cette tâche et l’enregistrement est d’une qualité magnifique, fort bien arrangé. Le casque va chercher beaucoup d’informations et les restitue avec une belle précision. C’est très aéré et jamais lourd même en considérant l’âge de l’enregistrement. Le son me semble donc très authentique et surtout ample. Un vrai bonheur pour commencer la semaine !

Penelope… sans aucun doute

Mardi 18 janvier 2011

Ce matin, comme une forme de mise en route qui me donnera le tempo de la journée, je fais chauffer l’ampli pour une écoute un peu particulière. Penelope French Band et leur EP « Benefit of Doubt » la dernière production Georges Profünd.
Le bassiste, Alain, est un ami ainsi que le reste de la troupe que je salue au passage. Nous avons eu un petit échange quant à la qualité de production « fait maison » du disque. C’est pourquoi j’ai voulu écouter de nouveau ce superbe disque en poussant un peu plus le volume et avec une oreille plus critique.

Alain voulait s’assurer que j’aurais fait l’écoute avec du « bon matos » selon son expression. Je vais donc le rassurer sur ce point. Ce matériel serait classé rapidement comme « vintage » par son look et les choix techniques, à savoir tubes et haut rendement, mais ce ne sont là que des productions des plus contemporaines et donc, absolument fiables.

• platine Pro-ject Xpression III Classis avec cellule Ortofon 2M Red
• Ampli intégré 2X20 watts Luxman SQ38-U
• Enceintes Klipsch Heresy III

Plus j’avance dans le temps, plus le système se rôde et plus je le trouve approprié aux écoutes de musiques riches, denses, parfois complexes. Quoi ce soit l’électricité du garage, les percussions multiples du boogaloo ou les envolées lyriques et violonneuses des BO de films italiens, la restitution est toujours, sinon impeccable, tout du moins à mon goût et dépassant mes premières espérances.

Les basses sont toujours rondes sans être surchargées et les pavillons à compression des médiums s’expriment toujours pleinement soutenus par un registre aigüe précis mais sans prédominance. La neutralité de la platine et la chaleur précise et souple de l’amplification à lampes fait le reste.

Penelope, Benefit of Doubt…

Désireux de contribuer au travail des Penelope, je me suis procuré leur disque chez Transat Shop par correspondance. La pochette, qui est aussi un travail maison, est superbe avec une tonalité néo-vintage façon super 8 très chaude. Le disque est un vinyle translucide rouge vraiment magnifique. Penelope, c’est un ensemble d’afficionados de la culture Mod mais avec un grand pied quand même dans leur temps. Ces incollables DJs que sont Pompidoo ou N°9 ont une culture musicale impressionnante et le groupe a su se frayer une voie personnelle inspirée des standards en expérimentant leurs sons jusqu’à trouver un équilibre subtile dans le dosage de ces ingrédients.

Et à l’écoute…

Ça sonne très anglais de prime abord, mais quand on les sait fan de Air ou Phoenix on entre plus facilement dans la deuxième couche qui fait d’eux un groupe très particulier. Pour les avoir vu en live et avoir frémit à l’authenticité de leur production dès les premiers accords joués, je peux affirmer avoir retrouvé ce jus dans ces enregistrements. Le mixage très soigné restitue bien les breaks souvent plus intimes dans l’approche que les parties énergiques, mais même à fort volume (je suis monté à la moitiè des capacités de l’ampli pour la première fois!) rien ne s’affole et aucune saturation ne transparaît. C’est sonore, puissant et maîtrisé.
Les basses sont prenantes et physiques mais agréables et entraînantes car très roulantes. Sur les pavillons, la guitare paraît parfois presque trop claire dans sa saturation (notamment Benefit of Doubt) mais elle crée un chouette équilibre avec l’orgue et l’effet sans doute souhaité est bien là. Le seul petit reproche serait que la batterie me paraît un poil « renfermée », sans doute la condition d’enregistrement qui a voulu ça mais un peu d’air lui ferait du bien ;-)

« Benefit of Doubt » est une virée nocturne scintillant et rythmée. Je verrais bien un gros plan vibrant sur une aile chromée de GS 160 avec les scintillement des éclairages urbains d’un coin comme La Défense en reflets. Il y a un côté électro planant et saccadé rythmé par des breaks apaisants façon coupure sonore. Ce morceaux est une succession de petites baffes pas désagréables.

La grande force des Penelope c’est de nous plonger dans un univers déjà connu sans jamais tomber dans la parodie ou la reproduction. C’est un peu comme revisiter Carnaby Street avec un nouveau guide. C’est très pop, certains morceaux frôlent même le tube potenciel comme « Lucky Star ». Ça tourne dès les premières mesures et ça entraîne, c’est assez aérien tout en restant électrique. Ça respire le coup de kick sur le bord de mer de Brighton, mais là c’est en Lambretta SX 200 et c’est à Six Fours direction La Vague pour y prendre un verre et s’écouter les Penelope au bord de la plage. C’est ce que nous avons vécu avec eux et ce que je ressens bien à l’écoute de ce disque.

Bientôt du nouveau ?

Le LP semble être pour bientôt et me voilà impatient de le mettre sur la platine car il ont un stock de perles en poche qui ne figurent pas sur ce disque mais dont j’ai hâte de pouvoir les entendre enfin quand je le veux ! Penelope est un groupe particulier de la scène française qui a beau être reconnu sur une scène très ciblée et à juste titre mais qui a surtout un immense potentiel sur un public plus large enthousiaste à la découverte de productions neuves et puissantes.

À suivre donc…

Le site officiel de Penelope Frenche Band

Playlist, …monday morning listening !

Lundi 17 janvier 2011

Ce matin, un enchainement de disques me grattouillant les tympans depuis quelques jours, m’a donné une bonne pêche pour la semaine. J’attendais un moment propice pour me reconcentrer sur mon travail et une belle écoute est l’un de mes outils favoris pour cette tâche.

Le soleil daigne montrer le bout de son nez et son spectre effleure le Luxman. L’idée est brillante par son inspiration. Le Lounge Chair me tend les accoudoirs derrière la baie vitrée ensoleillée. Une bonne écoute me sert à faire le vide, à repenser progressivement à des tâches en cours et générer l’étincelle, le déclic qui me fera les accomplir avec le meilleur résultat.

Pink Floyd – More 1969

J’ouvre ma petite discothèque et en sort un Pink Floyd « More » trouvé chez mon petit disquaire de Saint-Raphaël, L’introuvable. Je le dépose sur la platine et part me servir un café avec en fond sonore des champs d’oiseaux, magnifique, doux et léger, les choses commencent bien !
L’écoute prend de l’ampleur, se détaille, je monte le volume. J’ai beau être averti, à chaque écoute de Pink Floyd je pense que cela va devenir complexe assez vite, et puis non, c’est ultra fluide, simple, épuré à l’extrême, tout est formidablement positionné. Il n’y a qu’à s’installer de façon confortable et se laisser aller. C’est toujours un formidable voyage. Et puis, malgré l’aspect dramatique du film, on retrouve dans cet album tout l’engouement floydien propre à une visualisation surexposée très onirique et finalement paisible.

Janko Nilovic n°36 – Rythmes Contemporains

Mon second choix se portera sur l’écoute d’un p’tit cadeau que je me suis fait récemment, Janko Nilovic n°36 « Rythmes Contemporains » (n°0199) trouvé chez Cosmic Groove. Cela m’a permis de découvrir ce compositeur, maître reconnu de l’illustration sonore. Ce que j’en ressens à l’écoute de ce disque c’est qu’il y a un groove puissant et roulant à la Lalo Schiffrin dont je raffole et des envolées psychédéliques qui me ramènent au Pink Floyd « More » écouté juste avant. Le résultat semble tout aussi hybride qu’il est jouissif. Le haut rendement du système, en dépit de l’assez faible volume que je m’autorise chez moi, restitue l’éclat progressif de chaque morceau, c’est du grand art.

Je suis emballé et commence à m’informer sur quelques autres de ses productions susceptibles de m’intéresser comme « Vocals Impressions », « Soul Impressions » ou « Chorus ». A suivre…

The Northern Soul Story vol. 4 – Casino Wigan

Pour finir, je sort religieusement un autre petit achat de Noël absolument propice à un crescendo joyeux et profond dans la bonne humeur. The Northern Soul Story vol. 4 « Casino Wigan » est le quatrième opus d’une série dédiée à cette musique puissante et dansante, dérivé anglais de la soul américaine. Les volumes sont classés par Casino, qui n’étaient autres que les grandes enseignes commerciales de la danse que l’on connait aujourd’hui. Chacun ayant un son, une signature, ses sets de DJ spécifiques, son style en résumé.
J’ai trouvé cette perle chez Audio Analogue, puriste du vinyle audiophile et qui n’aurait pas fait ce choix dans son catalogue sans être sûre de la qualité de celui-ci.

C’est une musique chaude et très riche dans les orchestrations, il y a cette ampleur des grands orchestres de Vegas, ça flamboie ! On y croise Tobi Legend, Paul Anka, Jimmy Fraser ou The Jades, c’est un véritable feu d’artifice de grandes voix accompagnées par de puissants orchestres. Je chevauche mon GS 160 et direction les Wigan allnighters !

Bonne année 2011. Santé, amour et bon vinyles !

Dimanche 9 janvier 2011

Après ce break incontournable des fêtes de fin d’année, je tenais vivement à présenter tous mes vœux aux lecteurs de Hifi-Listening. Je vous souhaite donc à tous une excellente année 2011!
Cela fait presque un an que j’ai démarré ce site, reflet d’une passion au quotidien, et il m’a apporté tant de choses à l’instar de mon système et des disques que j’y écoute et que j’aimerais partager plus souvent. Hifi-Listening est donc devenu le réceptacle de ce désir de partage et vous avez été nombreux à me témoigner vos appréciations à ce sujet, audiophiles ou non, mélomanes ou non, juste avec un sens critique simple saupoudré d’un peu de style. Je vous en remercie et promet de continuer cette petite aventure de mon mieux.

Mes premiers vœux vont à mes disquaires !

Le marché du disque est difficile malgré un renouveau des amateurs de vinyles, un regain de collectionneurs ou un simple retour à quelques valeurs émotionnelles perdues. Les disquaires sont donc assez peu nombreux maintenant, mais ceux que je connais et chez qui je prends mes disques,…et bien je les trouve assez exceptionnels !
Et puis il faut aussi rendre à César ce qui lui appartient. A quoi bon chercher le matériel idéal, se mettre en quatre afin d’idéaliser son espace d’écoute en le rendant accueillant et agréable comme un cocon prêt à recevoir ses proches pour y passer de bons moments ou l’installant de sorte que cela reste un espace de vie où l’on peut à l’occasion y voir ses enfants grandir, si on n’a pas un minimum de ses œuvres très spéciales et universelles que sont les disques. Les disques sont l’un des derniers supports intellectuels à nous délivrer une émotion brute, honnête et spontanée, un discours sans concession sur une vision proprement individuelle et subjective du monde dans sa plus large globalité. Le disque a la noblesse du livre avec une once d’universalité en plus. Le disque est l’un des derniers espaces de liberté accessible et convivial. C’est aussi une œuvre objet qui nous enrichit à chaque manipulation ou nous émerveille à chaque découverte.
Parce qu’ils restent les dealers de cette expérience humaine richissime et que c’est une lourde tâche, c’est à eux que vous en premier tous mes vœux pour cette nouvelle année de combat et parfois de résistence.

Cosmic Groove, Montpellier (34).

C’est Bruno le patron, je dirais même le courageux patron. Non content d’offrir un catalogue exceptionnel de musiques groove, funk root, soul, boogaloo et autres BO de films cultes, Bruno donne aussi dans la production et l’organisation de concerts et festivals. Pour Noël, je lui ai commandé la BO de Rabbi Jacob pour ma femme et me suis pris une petite perle, Janko Nilovic « Rythmes Contemporains » en édition numérotée. Comme c’est un peu le Lalo Schiffrin du vieux continent, je me devais d’initier la collecte de quelques unes de ses œuvres fantastiques !

J’ai eu un soucis avec ma carte au moment de ma commande qui s’est terminée au téléphone avec un envoi de chèque. Bruno s’est mis en quatre pour m’aider à finaliser celle-ci, m’a envoyé le colis sans attendre mon chèque afin que je le réceptionne bien à Noël, et en plus de tout ça, il me joint une petite carte mentionnant l’ajout d’un bonus LP des Stéréoscope Jerk Explosion. Cadeaux !!

Et quel cadeau, La Panthère Pop en LP. C’est une production Cosmic Groove comme les 45t que nous avions déjà et que j’ai évoqués dans cet article. L’enregistrement est de qualité audiophile avec toute la fougue psychédélique et l’originalité des Stéréoscope Jerk Explosion, la pochette double est sublime présentant un scénario de film d’espionnage sous la forme d’un comics. Le vinyle semble être un 180g rose bonbon, l’objet est absolument magnifique.
Mon cher Bruno, un grand merci pour ce cadeau qui nous a touché et qui rythme souvent notre quotidien.

> Pour aller chez Cosmic Groove

Audio Analogue Distribution, Osny (95)

Aux commande de la boutique nous retrouvons Patrice CAIX. Son catalogue est définitivement audiophile et saura séduire les mélomanes les plus avertis. On est ici en plein dans les grands classiques et les références présentées sont toutes des indispensables, dur. Le site a été refait il y a quelques mois et les présentations sont soignées et bien détaillées.
Surtout, même s’il s’agit d’un site e-commerce, nous avons affaire à un vrai disquaire, soucieux d’aider ses clients avec qui il peut parler longtemps de musique au téléphone. L’avoir au téléphone, c’est un peu comme parler de disques avec un pote, l’échange devient rapidement très convivial. Et l’homme en connait un rayon, sur la musique déjà, mais aussi sur l’industrie du disque et ses réseaux de distributions.

Chez lui, ma femme y a trouvé mon sublime cadeau de Noël, un coffret de onze 45t des musiques de films avec Brigitte Bardot. Cette édition numérotée est une pure merveille et les pochettes des 45t sont à ravir.

Parallèlement je lui ai commandé un Janis Joplin « I Got Dem Ol Kozmic Blues Again Mama! » pour ma femme arrivé in-extremis peu après Noël (vous savez, la pagaille à cause de la neige…lol…), un disque incontournable pour tout noël en famille qui se respecte, Elvis Presley, « The Christmas Album », un bijou.
Et pour faire groover mes journées le Bitches Brew de Miles Davis à la pochette incroyablement belle et aux délires incomparables du maître Miles avec Chick Corea et John Mc Laughlin et l’histoire de la Northern Soul (vol. 4 Casino Wigan) en double vinyle Jaune marbré 180g.

Merci monsieur Caix d’œuvrer avec autant de talent et de ferveur à la distribution de ces œuvres rares et de qualité.

> Pour aller chez Audio Analogue

L’Introuvable – Saint-Raphaël (83)

C’est mon « vrai » disquaire de proximité. Je marche 15 minutes et me voilà chez lui. Chaque fois que j’entre dans la boutique non loin du bord de mer, je ne sais pas à quoi m’attendre dans les arrivages principalement d’occasion mais je tombe toujours sur quelque perle à très bon prix. Dans mes derniers achats chez Denis, le patron de la boutique, j’ai trouvé un import anglais de 1971 du Pink Floyd « Meddle » en vinyle rouge pour 15€ !
Cette boutique, j’aime à en vanter les mérites tant ça me rappelle l’époque où, adolescents, nous venions entre potes chez le disquaire du coin affirmer nos styles et méler nos différences. Le disquaire est pour moi comme un libraire, quelqu’un qui tient boutique de ses passions et des ses idées, et qui fait de son lieu un lieu d’échanges de goûts et d’idées. La musique étant un langage encore plus spontanément universel que la littérature, je pense qu’il est encore plus urgent de prendre soin de nos disquaires.

Allez donc lui rendre visite si vous passez par Saint-Raphaël, il vous fera écouter quelques bons trucs sur sa Thorens TD 125 (je crois) branchée sur l’Audio Research à lampe avec en sortie une belle pièce de chez Tannoy, très vintage.

L’Introuvable
6 PLACE PIERRE ORTOLAN
83700 Saint-raphaël
Tél : 04 94 52 32 20

Mélomane – Nantes (44)

Chez ce disquaire ce fut l’une de mes première commandes en ligne. Le service st très professionnel et réactif mais surtout le catalogue est d’une ampleur considérable. Tous les genres s’y mèlent à part le classique. En revanche il n’y a que des indispensables de chaque genre, c’est phénoménal !
Chez Mélomane j’ai trouvé des disques parmi ceux qui tournent le plus sur la platine à savoir Lou Donaldson « Alligator Boogaloo », et l’extraordinaire série « The In-Kraut » vol. 1, 2 & 3, compilation de hip shaking grooves de la scène pop allemande de 1966 à 1974, à découvrir absolument avec un son très fort et du monde à la maison. On y trouve de belles rareté comme « Pop Instrumentale de France » ou « Shake Sauvage » que les amateurs de BO de films des années 60 s’empresseront d’acquérir.

> Pour aller chez Mélomane

Transat Shop – Poitiers (86)

Transat Shop c’est sans doute la plus petite boutique du monde (13m2) et sa philosophie est éloquente : « de la musique et une chaise ». On s’y sent bien et on peut y vivre en live l’esprit des chroniques « Monkeyhaus » de Stephen Mejias dans l’excellent « Stéréophile magazine ». Elle est située dans la cours d’un haut lieu de l’art et du Rock’n Roll en terres poitevines, le Confort Moderne.
L’homme au poil dans la main qui tient le bouclard, c’est Lionel, membre fondateur du plus grand groupe power pop de la scène française, Liquid Team.

Lou Transat, comme on l’appelle volontiers est l’incarnation de sa boutique. Riche, complète, dense, vivante. Il n’y a pas de catalogue en ligne avec de belles photos mais des listings incroyables de perles à acquérir profondément logées dans son crâne et qui ressortent au gré des demandes ou autre discussion musicale entre mélomanes tatoués ou non.

Cet expert de la culture lounge et tiki, vous agrémentera le moment d’une magnifique recette de cocktails exotiques dont il détient les secrets !

Chez Transat, les choses sont simples, il suffit de demander !

Transat Shop
au Confort Moderne
185, faubourg du Pont Neuf
86000 Poitiers

> Découvrir Transat Shop

Il va de soit que vous pouvez tout commander chez ces disquaires avec les yeux fermés, d’ailleurs vos oreilles suffisent amplement, et il me reste à vous souhaiter aussi grâce à eux une très bonne année 2011, riche en bonne musique, en découvertes et en bons moments partagés.

Mondialisation, pin-ups et vinyles…

Mardi 2 novembre 2010

Il y a quelques jours de cela, je téléchargeais le nouveau numéro (32) en ligne du magnifique magazine Tone Audio. Je parcours le PDF attiré par l’article sur le All Tomorrow’s Party Festival 2010. Iggy Pop, l’iguane, y était fort attendu et semble perpétuellement envouter son audience. Et puis dans la rubrique musique où sont recensés les plus beaux pressages audiophiles du moment, je m’arrête net sur une pochette. Le disque s’appelle « Beat at Cinecitta » et en lisant le texte de Jeff Dorgay je m’aperçois que nous avons eu exactement la même réaction.

Les Pin-ups, c’est chouette !

Comme il le dit lui-même dans sa chronique donc: « comment ne pas s’arrêter sur une telle pochette blanche immaculée ornée d’une superbe italienne plantureuse devant un coupé Alfa GTV… » C’est l’effet pin-up auquel je suis attaché qui est en pleine action. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’admette ou non, devant une pochette élégamment coquine, on craque déjà un petit peu…

Il s’agit surtout ici d’un pressage inédit et assez exceptionnel de musiques de films italiens des années 60 70. L’édition est limitée à 1000 copies. Magnifique. C’est en plus très exactement le son auquel je destine mon système qui se révèle au fur et à mesure des mes nouvelles acquisitions de vinyles. L’ensemble Heresy III et le Luxman fonctionnent à merveille et même après mon passage au salon High-End de Monaco, je n’ai pas à rougir devant ce que j’y ai entendu. Je suis même assez fier de cette installation imaginée au feeling après un petit apprentissage empirique grâce au web.

La mondialisation, c’est bon !

Séduit par ce disque et emballé par la critique de Jeff Dorgay, je gratte donc un peu et me voilà dans Google à chercher la référence du disque. L’article m’emmène vers un label allemand, Crippled Dick Hot Wax Records. Je clique. Revenu de l’autre côté de l’Atlantique, je parcours le catalogue, tout petit et y découvre ce fameux « Beat at Cinecitta Vol. 1″. On peut en écouter des extraits (de bonne qualité), j’écoute. Ça sonne grand orchestre avec un groove à la Lalo Schifrin, ça semble énorme. Il y a des compositeurs dont je cherchais désespérement des enregistrements comme Bruno Nicolai, Pierro Piccioni, Armando Trovajoli, Luis Bacalov ou encore Riz Ortolani. Je m’empresse de commander ce disque. Ma curiosité est néanmoins attirée par un autre, le Kamasutra par Irmin Schmidt de 1968 en double vinyle. Cela inaugurait son travail avec Can et me paraissait être un disque sinon à avoir, du moins à connaître.

Reparti dans mes écoutes d’extraits, je choisis quelques disques et me lance dans ma commande. En quelques minutes, j’ai lu une presse américaine qui me vantait les mérites subjectifs et engageant d’une musique de cinéma italien rétro que je m’apprête à commander chez un petit label indépendant allemand qui a pu le ré-éditer comme par magie! Je suis impatient de recevoir cette commande un peu anxieux quant au délai de la part d’un site étranger.

Quelques jours après, je reçois ma commande. Il y a des maxi 45T de démo joins au colis. C’est extrêmement sympathique. J’adore découvrir des choses et le geste est attentionné de la part d’un label/boutique. J’apprécie au plus haut point. Je déballe le « Beat at Cinecitta Vol.1″ et là, j’hallucine. La pochette qui s’ouvre comme un double album a l’intérieur rempli d’informations détaillées sur ce que l’on va écouter. C’est le type de détail auquel on ne s’attend pas quand ça n’est pas mentionné ou visible sur le site du vendeur. La surprise est donc excellentte. Le dos de la pochette est lui aussi magnifique et le vinyle est un superbe pressage blanc orné de deux ronds discrets et élégants. Je le met en place sur la platine et c’est parti pour quelques minutes entre deux mondes…

Le vinyle, c’est vraiment bien…

En effet depuis que je trouve de bons pressages en neuf, je découvre la qualité incontestable d’un bon disque vinyle par rapport à celle d’un CD. Même avec ma platine qui est une entrée de gamme audiophile (Pro-ject Xpression III Classic) mais qui gratte avec subtilité, j’ai une profondeur sur cette musique de grand orchestre qui est fort puissante. La haute sensibilité des Heresy renvoie des jeux de cuivres magnifiquement clairs et détaillés rythmés par une basse ronde et fluide. Il y a un côté spontané dans la diffusion du son qui semble manquait à l’écoute d’un CD. Ce disque est absolument superbe à tous points de vue et ce qui est aussi super agréable dans le vinyle, c’est la taille de sa pochette…

Ce « Beat at Cinecitta Vol.1″ édité par Crippled Dick Hot Wax Records est à se procurer absolument pour quiconque veut ressentir le véritable esprit lounge de cette époque dans sa plus belle variété et ses plus belles tonalités. Une compilation d’œuvres puissantes et rythmées parfaitement maîtrisées dans une excellente qualité d’enregistrement.
Le 33 tours est disponible ici pour 17,90 € : > le découvrir

…de l’écoute de référence.

Vendredi 1 octobre 2010

Depuis mon entrée dans cette passion, ce milieu et ses codes, j’entends parler d’écoutes de référence. Pour obtenir le « meilleur système », certains audiophiles se trimbalent un album de Diana Krall sous le bras et testent à tout va jusqu’à ré entendre ce qu’ils attendaient. C’est un peu Proustien, mais amusant.

Ce qui m’amuse c’est ce à quoi je ne m’attends pas !

Ce matin, je passe de magnifiques compilations « Blow Up » choppées chez Cosmic Groove, puis je me dis qu’un petit classique ne ferait pas de mal. Je sors un disque qui m’a été vendu par un ami se séparant des vinyles de ses parents pour des prix très abordables. Cet album m’était inconnu à l’oreille mais recensé parmi les indispensables à avoir. Je n’avais pas encore de platine mais la lecture des informations sur le rond du disque m’a inspiré dans cette acquisition.

Cet album c’est Lou Reed Transformer.

…Et puis je me mis à marcher sur le wild side !

La matinée est bien avancée, je peux monter un peu le volume. Le Luxman chauffe et la Pro-ject est bien entraînée. Je me laisse aller un café à la main au rythme de la galette jusqu’à « Walk on the Wild Side ». J’ose pour la première fois franchir le quart du volume disponible par l’amplificateur à lampes et l’intransigeance du haut rendement des Klipsch Heresy III commence à se sentir physiquement.
Outre l’entrée en communion avec les morceaux, je sens mon oreille s’aiguiser tant les détails sont évidents, clairs et transparents. La rencontre devient holographique. L’analyse prend le dessus, la curiosité est en éveil.
La basse est fort présente mais précise et ronde. On sent un toucher délicat des cordes accompagnant la nonchalance de la balade, un toucher rond et souple. La voix est quasi fantomatique tant elle est présente, légèrement granuleuse. Les cœurs qui battent le refrain sont d’une brillance totalement réaliste avec une approche progressive des plus envoutante. Les violons enveloppent d’un voile d’espace tout cet ensemble pop et léger, presque tiède.

Lorsque les poils se hérissent totalement sur mes bras, la suavité du saxo alto prend le dessus finissant de refermer cette bulle rythmique incroyable de réalisme, balade dans ce que l’on n’attendait pas dans un disque mais dans un moment proche de l’acte chamanique. Une fusion inscrite dans la mémoire. Une référence.

C’est sans doute la première fois que j’ai cette expérience avec mon ensemble haute-fidélité. Je me suis remis dans une quête de disques, vinyles pour la plupart, et cette quête va aussi dans le sens de ce que je sens comme potentiel musical de la part de mon installation. Ce morceaux, « Walk on the Wild Side » qui joue sur toutes les hauteurs, chuchoté puis fort, puis rond, puis claquant, intime puis orchestral, ce morceau a tout ce qui peut servir d’étalon à l’oreille pour juger de la retranscription qu’en fait un système. Disons qu’entre ce disque et le mien, j’ai assez vite envisagé le potentiel de l’ensemble et la surprise n’en fut que plus agréable. Tout comme je pense avoir sous le bras un « Atom Heart Mother » des Pink Floyd ou un Lalo Schifrin « Mission Impossible » pour ma première écoute sur un système Avantgarde.

Ce matin, je me suis senti extrêmement fier de mon installation et bien conscient du rôle de la psycho acoustique dans tout ça.
Ce matin, c’était là mon écoute de référence, Lou Reed « Transformer ».

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