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Haut rendement, tubes et vinyle, c’est parti !

Mardi 13 juillet 2010

Cette fois on y est. L’ensemble du matériel est enfin arrivé et me voici à l’aube d’une nouvelle ère pour mes oreilles et celles de ma petite famille. Sébastien le responsable de notre boutique d’Antilles m’envoie un petit mail pour me prévenir de la réception de la platine vinyle et des enceintes. Ma belle sœur me prête son increvable twingo et me voilà parti le palpitant à bloc.

Je passe donc au Showroom EcranLounge et découvre fébrile le carton de cette magnifique platine vinyle, la Pro-ject 1 Xpression III Classic. Ce choix est induit, comme pour le reste, par deux critères essentiels le style et le rapport qualité/prix. Aucun site audiophile à ma connaissance n’en parle, en revanche j’ai lu d’excellentes critique sur leur entrée de gamme qui est la Début III. Je me suis donc dit qu’une montée en gamme ne nuirait de toute évidence pas à la qualité du produit. Le déballage du colis commence. Un peu moins impressionnant que celui de chez Luxman, ce colisage est tout de même très soigné. La platine est livrée avec ses câbles, la cellule Ortofon 2M Red est montée, le plateau en aluminium poli de 1,6kg est à mettre en place ainsi que le couvercle cristal très sobre et les deux petits contrepoids du bras. Tous les ustensiles utiles au montage et aux réglages sont fournis. Pour finir, le socle en acajou est superbement vernis et l’ensemble est d’une qualité assez époustouflante pour une platine de ce prix.

Et puis j’entrevois dans notre petite salle de réunion deux cartons plutôt conséquents logotypés PWK. Elles sont là. Ce sont les enceintes à l’origine de ma décision de me lancer dans cette aventure, les Klipsch Heresy III.
Malgré les prises de mesures dans notre petit salon je ne m’attendais pas à des pièces de ce volume. Je saute sur le premier carton, défais le scotch, ouvre le colis, retire le premier bloc de polystyrène… Sous le film protecteur je découvre une enveloppe noire mat avec le logo Klipsch embossé. C’est un certificat d’authenticité de cette fameuse série Héritage, partie mythique de la production de chez Klipsch.

En effet, elles sont uniquement produites à la demandes avec des matériaux 100% américains et montées par de vieux briscards de l’épopée Klipsch. Pour l’anecdote, le commercial de la marque avec qui nous sommes en contact se demandait bien ce que ces « caisses en bois » pouvaient encore avoir d’attirant.
Et bien ça, je l’ai ressenti dès l’extraction du carton. J’étais devant quelque chose qui peut plus ou moins faire penser à un vieil ampli à lampes de guitare. Une finition en noyer absolument superbe, une grille de protection des plus costaudes ornées d’un petit logo métal cuivre et noir dans l’un des coins supérieurs. On dirait un bon vieux Marshall des débuts du Rock’n Roll. On n’en attend d’ailleurs pas moins d’une enceinte conçue en 1956. La même année que le Lounge Chair de Eames !
Elles ont une classe folle, une identité pure et unique, loin de toute la production d’enceintes actuelles qui finalement se ressemblent beaucoup et avec des rendements nécessitant des électron,iques à très forte puissance, donc très chers.

Cela vient maintenant comme une évidence, elles seront les meilleures amies de l’ensemble Luxman à tubes et je n’ai qu’une hâte, installer tout ça et mettre une belle galette.

Fin de journée, le choix des câbles fait, me voilà reparti direction la maison la twingo chargée à bloc. Cette fois j’y suis, je n’ai plus qu’à monter le tout. L’espace est dégagé, les cartons s’accumulent dans le salon, pour faire court c’est un peu le bordel ;-)
Première pièce, le lecteur CD D-38u. Je le dépose délicatement puis j’insère les piles dans cette télécommande d’un autre monde en aluminium taillé dans la masse. Un petit tournevis est fourni pour cette opération.
Je déballe ensuite l’ampli SQ-38u et le pose à côté du lecteur CD, à quelques centimètres. Quel couple! Sans être matérialiste je me laisse volontiers séduire par les objets qui ont une âme et savent montrer avec élégance leur fonction. A ce stade du montage je suis déjà comblé! C’est un peu comme si j’accrochais une toile de Soulage au mur ou comme si je caressais les ailes d’une Jaguar type E. Cet ensemble Luxman dégage une sensualité que j’attend dans les écoutes à venir.

Car même si ça peut faire bondir un audiophile, cette acquisition s’est faite totalement au feeling, sans écoutes préalables ni essais, juste convaincu par de longues lectures de gens de confiance et par une accumulation empirique de connaissances en acoustique, voir en psycho-acoustique. Merci donc aux rédacteurs de 6moons.com, aux articles de Jean Hiraga, aux clients audiophiles bavards du Showroom d’Antilles d’EcranLounge et à son hôte Sébastien, à Jeff de HCFR et aussi à David Blecher qui sait convaincre qu’un système c’est avant tout SON système, celui que l’on a choisi et quelqu’en soient les raisons.

Je passe à la mise en place des enceintes. De part et d’autre du salon, je les raccorde à l’ampli avec des Real Cable Haute Définition cuivre 0,5m de 3 mètres. Je sais, ça fait long mais je ne suis pas dans une salle d’écoute mais dans une pièce à vivre de 14m2 livrée aux assauts conséquents de nos jumeaux de 21 mois maintenant. Je prend donc des précautions afin que notre installation ait quelques chances de perdurer. Les voilà donc en place comme deux blocs inaltérables sur lesquels on peu même s’assoir. Ces Klipsch Heresy III de 20 Kgs n’ont pas peur de mes bouts de choux. Je n’aurais pu en dire autant d’une paire de B&W laquées, fines avec de beaux tweeter apparents. Les Heresy sont parfaites pour le contexte et j’en ai le pressentiment, pour nos oreilles aussi.

Enfin, la pièce finale, la source analogique, la platine vinyle Pro-ject. Je la dépose sur la table, libère comme indiqué le socle du moteur de ses deux visses de transport. J’installe la courroie puis dépose le superbe plateau. Phase délicate pour un néophyte, je passe à l’équilibrage du bras.. La cellule Ortofon 2M Red déjà montée pèse 7g, je dispose donc le contrepoids à l’arrière du bras et tenant compte des indications puis le contrepoids de balancement son fil de nylon calé sur la rayure correspondante. Un bristol imprimé qui s’insère sur le rond central permet enfin de vérifier le bon positionnement de la cellule. Tout est parfait, je met le capot de protection et je la dépose enfin sur le lecteur CD afin gagner un peu de place. Comme ils ne fonctionneront jamais ensemble pas de soucis quant à de possibles interférences électriques. Il me reste à la raccorder à l’ampli via le câble, de bonne qualité, fourni avec l’ensemble.
Dernière connexion, celle du lecteur CD à l’ampli avec des Real Cable CA1801 plaqués or à embouts dévissables.

Pour assurer un minimum de stabilité et de sécurité électrique, je branche le tout sur un ensemble filtre et parafoudre que je branche puis allume à son tour. En effet nous sommes locataires d’un appartement à l’installation électrique vétuste et peu fiable. Ca y est tout est prêt, il ne me reste qu’à mettre en marche et choisir un disque pour cette première écoute qui s’avère très émouvante…

Ce choix est très vite fait finalement. A tout seigneur tout honneur, je commence par ce j’ai attendu si longtemps, un bon vinyle. La fête des pères est passée depuis peu et ma femme m’a fait un cadeau sublime, la BO de Casino Royale par Burt Bacharach, vinyle 200g commandé chez un disquaire en ligne fort sympathique, AudioAnalogue. C’est parti !

Je me devais aussi de conclure cet article par l’expression de mes plus chaleureux remerciements à David San de Sound Arts Network et sans qui ce rêve de très longue date n’aurait jamais été possible !
Un très très grand merci donc, car grâce à lui je suis absolument comblé.

Luxman SQ-38u, la première pierre

Lundi 14 juin 2010

Après des mois de recherches, d’apprentissage, de choix suivis de déconvenues, de travail pour atteindre ce « rêve », voici enfin arrivée directement du Japon cette première pierre fondatrice du reste de l’installation : L’ampli intégré à tubes Luxman SQ-38u.

La première vraie grande satisfaction venait du déballage de l’engin. Il m’est arrivé dans un triple cartonnage à double cannelure ce qui est à ma connaissance relativement exceptionnel dans « l’électronique grand public »!
Un premier carton destiné au transport par avion, car ce monsieur arrive directement du pays du soleil levant, puis en continuant l’ouverture des poupées russes, un second. Celui-ci semble être le carton officiel comportant les numéros de série et autres infos descriptives.
Je l’ouvre impatient et hop, un troisième ! Dans celui-ci, j’aperçois enfin le bloc noyé dans ses protections moulées. Je retire cet ensemble et là je sens la douceur d’un tissu enveloppant l’ensemble que je retire à son tour après l’avoir extirpé des mousses.

Enfin, sous le tissu de protection une dernière couche qui m’a mis par terre. Le bois, et uniquement le bois, était recouvert d’un papier craft brun plié au millimètre près façon origami avec les emplacements des pieds de l’engin découpés précisément histoire de ne pas avoir de plis disgracieux sur l’ensemble de cette dernière couche. Cet emballage est sans doute le plus attentionné que j’ai pu voir sur ce genre de produit !

Je m’interrogeais sur l’aspect « raisonnable » de cette acquisition et de nombreux articles parus dans des revues dont certaines ne sont vraiment pas mes lectures de chevet me rassuraient totalement sur ce choix et son aspect à la fois durable et raisonnable.
En effet ce monstre de classe et de technicité aboutie dans une enveloppe vintage d’une élégante discrétion s’avère être un véritable couteau suisse de l’amplification. Il a tout!


Au-delà de la simple fonction d’amplificateur intégré, ce que je recherchais pour optimiser le budget de mon installation ainsi que l’espace qui m’est compté, il a une véritable fonction de pré-amplification indépendante et sélectionnable depuis la façade et qui pourrait me permettre un jour de faire évoluer mon système vers quelque chose d’encore plus fin voir de plus complet. Ce point est essentiel et rare bien que peu mis en avant par le fabriquant.

Ensuite, désireux de ré-écouter mes quelques vinyles mais aussi de m’en approprier enfin de nouveaux, il est équipé d’une entrée phono exceptionnelle gérant tous les types de bobines, MM /MC low/MC high avec reprise du fameux circuit égaliseur PK-NF,  l’entrée MC embarquant un transformateur élévateur très haute performance.

Au niveau de l’amplification à proprement parler il est basé autour d’un push-pull ultra-linéaire d’EL34 de marque SOVTEK et délivrant 2 x30 Watts sur 6 Ω, et 2 x 25 Watts sur 4 et 8 Ω avec un étage driver Mullard et des supports de tubes customs étudiés pour un contact électrique et mécanique totalement optimisé. Il offre aussi des contrôles de tonalité avec le circuit Luxman traditionnel à variation graduelle comme sur le SQ5b sorti en 1962, dont l’efficacité n’est maintenant plus à prouver.

En effet cet illustre descendant d’une longue lignée, la série 38, et dont l’exceptionnelle musicalité est due à un facteur bien particulier à savoir la qualité des transformateurs de sortie. Depuis les débuts, Luxman a recours à des transformateurs de type OY, avec un noyau à grains orientés, dont la réalisation des enroulements nécessite des techniques tout à fait particulières. De fait, un technicien spécialisé ne peut réaliser que deux à trois pièces par jour, mais cette technique est si importante pour le résultat final que Luxman ne l’a jamais abandonnée.

Je suis donc maintenant assez impatient de recevoir le reste du système à savoir le lecteur CD D-38u de la même marque, les enceintes Klipsch Heresy III et la platine Pro-ject Xpression III Classic. Je pourrais alors évoquer mon ressentiment subjectif des premières écoutes mais en attendant je vous laisse découvrir ce qu’en on pensé ceux qui ont pu l’essayer et dans des conditions qui seront certainement meilleures que celles que j’aurais dans un premier temps dans mon petit espace pas forcément totalement adapté, mais ce sera là la suite de mon projet.

Voici donc une petite revue de presse récente concernant cet amplificateur intégré à tubes :

Pour en savoir encore un peu plus :
Voir le Luxman SQ-38u chez EcranLounge.com
En savoir plus avec le site officiel Luxman
Lire le test fait par 6moons.com
Lire les reviews de AudioRevelation

To be continued…

Good bye Dennis, hope is still alive.

Mardi 1 juin 2010

C’est avec une émotion certaine que j’appris cette semaine le décès de cet immense bonhomme qu’était Dennis Hopper. Amoureux de cinéma et de toutes ces choses de la contre-culture américaine qui sont les bases inébranlables de toute liberté intellectuelle, Dennis Hopper en est pour moi une icône.

Son plus grand succès en tant que réalisateur mais aussi acteur sortit l’année de ma naissance et semble m’avoir influencé à vie. En cette année 1969 cet indien exotique et sensible était récompensé au festival de Cannes pour son film Easy Rider, antithèse du système hollywoodien inspirée des récits de Jack Kerouac et remettant en question à la fois dans la forme et le fond les règles de pseudo liberté d’une nation devenue « malade » comme un visionnaire lucide de ses évolutions à venir.

Comment passer à côté de celui qui s’illustra aux côtés de James Dean dans « La Fureur de Vivre » puis « Géant », qui initia une nouvelle forme de cinéma dit indépendant allant dans le sens de la rupture de la jeunesse américaine opposée à la société de consommation, à la guerre impérialiste et en quête d’une assise intellectuelle ouverte totalement inexistante dans un pays faussement démocratique? De nombreux réalisateurs suivirent les traces de cet éclaireur comme Michael Cimino, Jerry Schatzberg, ou encore Francis Ford Coppola.

Ce poète, politicien au sens noble, était avant tout un être d’une sensibilité hors norme qu’il traduisait à merveille par une autre de ses passions la photographie. C’est d’ailleurs dans l’un des films majeurs de Francis Ford Coppola qu’il incarna un photographe halluciné ultra sensible dans un rôle presque non-composé de photographe de guerre.
Son amour de la photographie lui valu sur les tournages le surnom de « the tourist » car il était toujours muni d’une batterie d’appareils, faisant tour à tour des photos de tournage, des portraits d’amis comédiens ou réalisateurs, d’artistes… L’éditeur Taschen a d’ailleurs consacré un album très intéressant sur ses travaux.

Ses amitiés artistiques avec des Rauschenberg, Lichtenstein, Warhol, Duchamps ou encore JM. Basquiat l’ont fortement sensibilisé aux mutations de la société et l’amenèrent à réaliser des œuvres visionnaires comme « Colors » en 1988 qui fut l’un des premiers films du cinéma dit de Ghetto.

Sa disparition est une nouvelle fois celle d’une icône rebelle, pilier de la contre-culture US, et d’un acteur qui restera à mon sens l’un des plus « rock’n roll » de Hollywood.

Tout un chacun pourra faire perdurer cet esprit libre en écoutant sans retenue l’une des plus révolutionnaires bandes originales de films,  à savoir celle de Easy Rider décidément initiateur de tant de nouveautés cinématographiques.
Easy Rider est en effet le premier film dont la musique n’est pas conçue spécifiquement comme une bande originale. Dennis Hopper choisit tout simplement certains titres dont il tombe amoureux en écoutant la radio durant la réalisation du film. Et bien entendu, à la fin des années 60, les ondes sont remplies de ce qu’on considère aujourd’hui comme des grands classiques du rock, mais pas seulement! Les titres les moins fameux sont ici les plus extrêmes ou tendancieux, n’en témoigne ce jubilatoire « Don’t Bogart Me » signé The Fraternity of a Man, country-rock très explicite (« Don’t bogart that joint, my friend/Pass it over to me »), ce rock folklorico-psychédélique totalement défoncé des Holy Modal Rounders (« If You Want to Be a Bird »), ou encore ce rock psychédélico-grégorien envoutant des Electric Prunes (« Kyrie Eleison/Mardi Gras »).

Pour le reste, il s’agit d’éternels et indémodables classiques. Le magnifique « The Weight » n’est malheureusement pas interprété par The Band (leur maison de disque accepte pour le film mais pas pour le disque…) mais par un groupe obscur nommé Smith dont la version n’est pas si catastrophique qu’on le prétend. « Wasn’t Born to Follow » (composé par Carole King) interprété de façon sublime par les Byrds (album The Notorious Byrd Brothers) accompagne à merveille l’escapade bucolique des deux héros avec les deux gentilles hippies. Pour la face plus musclée de l’époque, Hopper choisi judicieusement le puissant et groovy « If 6 Were 9″ d’Hendrix (album Axis: Bold as Love) ainsi que deux titres du premier album éponyme de Steppenwolf : le mythique pionnier du metal « Born to Be Wild » et le plus laid-back « The Pusher ». Hopper souhaite initialement placer le génial « It’s Alright Ma (I’m Only Bleeding) » de Bob Dylan à la toute fin du film, mais ce dernier refuse. Souhaitant tout de même participer, il écrit alors des paroles qu’il confie à Hopper en lui demandant de les transmettre a Roger McGuinn pour composer la musique. Ce titre nommé « The Ballad of Easy Rider » clôt admirablement le film avec ce ton tragique mais absolument pas désespéré. Hopper réussit tout de même par ailleurs à insérer une version de « It’s Alright Ma (I’m Only Bleeding) » excellemment interprétée par ce même Roger McGuinn.

La bande originale d’Easy Rider est donc une merveilleuse « time capsule » comme le dit lui-même Dennis Hopper.

Elle concentre l’esprit musical d’une époque à travers des titres emblématiques et mythiques de l’histoire du rock. Pour la petite histoire, c’est initialement Crosby, Stills & Nash qui sont chargés de composer une bande originale. L’avortement du projet est expliqué différemment par Hopper et Fonda. Le premier affirme avoir saboté le projet, prétextant qu’un groupe voyageant en limousine ne pouvait comprendre son film et proférant alors des menaces à l’encontre du trio. Le second prétend que c’est Crosby, Stills & Nash eux même qui se sont découragés lors de la vision du film, Stills affirmant notamment qu’ils ne pourraient jamais faire mieux que cette sélection de titres

Lounging beyond the Missouri Sky…

Jeudi 20 mai 2010

Ca n’est pas tout à fait mon anniversaire mais aujourd’hui c’est un peu pareil. J’attends la livraison de mon lounge chair, désiré, espéré, choisi, attendu…

Coup de sonnette le voici enfin superbement empaqueté dans un cadre en tasseaux des plus solides enfermant un carton pas si grand puis emballé dans des plastiques de protection et monté ! En effet je pouvais m’attendre à le voir arriver en kit comme ce fut le cas pour un ami architecte qui avait commandé la LC4 de Le Corbusier. Mais non, rien de tout cela. Un appel deux jours avant pour la prise de rendez-vous, puis un autre le lendemain pour fixer une heure avec le livreur. Et enfin, surprise, le voilà deux heures plus tôt que prévu, quelle transe !

Livré dans les temps promis donc et dans de très bonnes conditions me voilà rassuré. Car après-tout cette tentative d’achat à l’étranger avec toutes les mauvaises copies de grands classiques du design qui traînent et les pseudos artisans toscans domiciliés à Londres et produisant en Chine à la chaîne, j’aurais pu m’attendre à tout. Mais non, le voilà trônant dans le salon dans la finition palissandre teintée noyer demandée afin de neutraliser le feu du bois d’origine et le rendre plus doux, sa magnifique odeur de cuir bovin pleine fleur d’une souplesse extrême et ses lignes d’une sensualité dépassant toute attente.

Cela faisait un moment que je le voyais à droite et à gauche sur le web, jamais en vrai dans des boutiques de mobilier ou de design. Il faisait partie de mon mythe américain aux côtés des muscle cars ou d’une simple paire de vans. Et voilà, je me pose dedans surpris par ses proportions relativement petites, comme lorsque je voyais pour la première fois une aile de Vespa Acma. Je les imaginais démesurément grandes, rondes et ressorties de la carrosserie, mais non. Ce scooter me paraissait minuscule !
Le lounge Chair m’a fait le même effet. Certes l’adjonction de l’ottoman l’oblige a prendre un certain espace pour vous envouter de ses formes dans son ensemble, mais ce sera là un futur projet que d’agrandir l’espace qui va autour.

Mon installation HiFi ayant pris du retard je ne pouvais que rebrancher ma vieille mini-chaîne qui a néanmoins grandement contribué à mon éveil musical, ouvrir la baie vitrée pour laisser entrer les odeurs printanières tardives de la côte d’azur et choisir un disque pour attester du confort absolu de cette merveilleuse pièce de l’histoire du design.
Sans trifouiller trop longtemps mon choix se porte sur un album offert à ma femme à l’occasion d’un anniversaire, Pat Metheny et Charlie Haden « beyond the Missouri Sky ».

Sans trop m’étendre, j’atteste donc du confort absolu de ce lounge chair pour des écoutes des plus envoutantes avec une réserve pour les gabarits de plus d’1m90. Ces derniers pourront alors se rabattre sur l’édition de Vitra mise à jour dans ses proportions pour mieux évoluer avec les tailles actuelles des personnes mais pour le prix Vitra, je pourrais m’en offrir trois !

Quoiqu’il en soit je suis des plus satisfait d’avoir trouvé cet artisan qui réalise de très belles choses dans « l’esprit des auteurs » et selon les cahiers des charges d’origine. Si vous êtes tenté par une version plus particulière (cuir rouge et coques laquées noires par exemple) prenez contact avec moi et nous trouverons sans doute votre bonheur.

Ici, il y en a aussi deux autres qui ont approuvé cette acquisition et qui s’en donnent maintenant à cœur joie dessus sous les regards attendris de leurs parents…

Pour mon cas, je suis comblé et fier de le regarder longuement comme une sculpture qui devient le vaisseau amiral stylistique du reste de mon installation.

Hommage à Eames par Davone…

Mardi 18 mai 2010

Ma passion pour le design et notamment les productions de Charles et Ray Eames s’étale suffisamment ici pour que la curiosité qui va suivre ne vous étonne pas trop, voir vous séduise au premier coup d’œil.
Car après avoir cherché maintes informations sur leurs créations et notamment sur des modèles d’enceintes plutôt confidentielles aujourd’hui sous le nom de Quadreflex et dont je vous parlerais plus tard, je ne trouvais finalement pas tant de choses dans ce pur style graphique doux et boisé au parfum de début de sixties.

Et c’est il y a quelques soirs de cela que, en parcourant l’excellent 6moons.com, je tombe sur cette annonce de Davone Audio, le fabriquant d’enceintes Danois. Cette marque avait d’entrée attiré ma curiosité avec leur modèle Rithm absolument superbe, plutôt plébiscitée par les audiophiles et côtoyant les grandes grâce à un design original et « malgré » un prix des plus abordables.

Cette annonce, c’est la RAY !

Le nom est suffisamment évocateur pour comprendre l’exaltation de la féminité de cette enceinte totalement « autre » par rapport à ce que l’on a l’habitude de voir. Ray, l’épouse et alter ego de Charles se serait sans aucun doute reconnue dans cette délicate et légère pièce aux courbes élégantes habillées de Noyer en symétrie du fameux Lounge Chair créé par le couple en 1956.

Totalement inspirée par celui-ci, elle s’y juxtapose comme un pod sorti d’un bon vieux « la guerre des mondes », emprunte d’une modernité subtile, elle véhicule une certaine classe décalée qui lui suffit à vous emmener dans une époque onirique d’où elle fait sien, le temps.
Davone a attendu le High-End de Munich pour la présenter devant un parterre de connaisseurs des plus exigeants. Cette petite paire d’enceintes est donc promise à une obligation de qualité tant esthétique qu’auditive.

Elle embarque un haut-parleurs coaxial de 8 pouces de chez Davone enveloppé par un bois multiplis collé pour une bonne compression de l’ensemble. Le piètement est d’acier à l’instar du fauteuil et reprend l’étoile à quatre branches de son ottoman lui offrant une bonne stabilité. La paire est annoncée 7500 $ mais dans les couloirs du high-end, les passants s’arrêtent attirés tant par les oreilles que pour le plaisir des yeux ce qui est plutôt bon signe.

Le site de Davone :
Davone Audio

Pour en voir plus, quelques images :

EAMES Lounge Chair and Ottoman… what else ?

Mardi 20 avril 2010

Il y a quelques mois je tombais sur un article qui m’amusait, m’intriguait et me rassurait à la fois. C’était dans le magazine Tone Audio, the e-journal of analog and digital sound (N°5 – 2006) et la couverture arborait un magnifique Lounge Chair et Ottoman de Charles et Ray Eames en cuir noir et coques plaquées Palissandre. En gros je lisais, traduit de l’anglais: « Et vous, dans quel siège vous posez-vous pour faire vos écoutes ? ».

En voilà une bien belle question à poser à un audiophile. Car finalement c’est bien beau d’avoir la plus belle installation du monde, les matériels les plus performants, l’optimisation la plus folle, mais s’il s’agit de terminer les fesses dans le canapé en tissus fleuri de la reine d’Angleterre, non merci. On aura beau dire, la musique ce sera quand même toujours aussi une histoire de style.

Lounge Chair et Ottoman, le vrai ?

Alors parti dans mes multiples quêtes de savoir quasi hédoniste mélées à une envie profonde d’acquérir des biens utilisables, abordables et durables, la voie vers les grands classiques du design s’ouvrait à moi sans que je ne m’en rende tout à fait compte. Google commençait alors à chauffer avec cette nouvelle salve de mots-clefs : lounge chair, lounge chair and ottoman, eames, charles and ray eames, charles eames, original eames, plywood, santos palissander, walnut lounge,…

Le premier à ressortir dans les résultats du fameux moteur de recherche était Vitra localisation oblige, l’éditeur Allemand de mobilier contemporain et qui proposait une version plutôt séduisante de l’ensemble en noyer blanchi, cuir ivoire et mécaniques polies. L’élégance et la légèreté de cet ensemble me séduisaient immédiatement au point que j’étais suffisamment curieux pour aller jusqu’à en chercher le prix ainsi qu’un revendeur proche de chez moi. Fort heureusement cela n’était que de la curiosité car lorsque le devis est arrivé, les bras m’en sont tombés ! Disons sobrement que celui-ci correspondait au prix d’une petite voiture neuve avec l’offre de reprise gouvernementale, quoique…

Frustration aidant je désirais en savoir plus, non pas nécessairement pour en faire l’acquisition mais au moins pour maîtriser le sujet. Et c’est à ce moment que les résultats successifs qui s’affichaient laissaient un énorme doute s’immiscer en moi.
Pourquoi ce prix exhorbitant ? Chez qui trouve-t-on l’original ? Pour quoi une telle différence de prix d’un éditeur à l’autre ? Combien y-a-t-il de « vrais » éditeurs ? Que penser de toutes ces pseudos boutiques design qui proposent un produit dont les photos sont visiblement glanées sur les différents sites « pseudo-officiels » ? Bref, noyé dans une jungle de non informations je me lançais en quête de la source.

Et finalement, y-a-t-il vraiment un « original » ?

Quand j’ai vu les tarifs pratiqués par Vitra je me disais aussitôt que nous étions bien loin de l’esprit insufflé par le couple Charles et Ray Eames. Ceux-ci avaient par ailleurs développés un point de vue critique sur ceux qui pourraient fabriquer leur œuvre à l’avenir et donc la reproduire. La reproduire ? Sera-ce alors un original ou une reproduction ?
A vrai dire nous tombons malencontreusement dans une véritable bataille juridique entre ayants droits essayant de récolter le bénéfice maximum des créations de leurs ancêtres.

Certes les deux circuits officiels que sont Herman Miller pour le continent Américain et l’Asie et Vitra pour l’Europe restent des partenaires/mécènes historiques du couple d’artistes et revendiquent à juste titre une étroite collaboration avec le Eames Office de Venice en Californie dont le petit fils Eames Demetrios a la charge.

Mais quid de l’œuvre qui tombe dans le domaine public après 50 ans d’appartenance fidèle à son auteur ? Et finalement est-ce que ces « pseudos originaux » contractuellement définis comme tels et pour certains produits en Chine respectent bien l’esprit de leurs auteurs. Je me le demande en constatant avec tristesse que le Eames Office, aujourd’hui, ne produit pas grand chose de plus si ça n’est une collection de mugs et autres postcards pour touristes ou fétichistes de passage, et que Vitra fort de ses études ergonomiques des marchés modifie les proportions mêmes du Lounge Chair de 1956 sous prétexte que la population a grandi en moyenne de 10 cm… Le Eames Office récolte donc son usufruit et la tradition du collage, pour ne pas dire bricolage qui y était reine disparait.

L’esprit et l’artisan, une philosophie du design.

Selon ce couple atypique, le leitmotiv de leur travail d’artistes était avant toute chose de « créer un monde meilleur ». Ce fut la démarche constante de Charles depuis l’avalanche de prix initiée par ses travaux avec Eero Saarinen lorsqu’ils produisirent les premières pièces de design collectionnées par le MOMA au début des années 1940, jusqu’à sa collaboration éternellement fidèle avec Ray, de la création de prothèses souples et confortables pour les grands blessés de la guerre du Pacifique à leur travaux d’architecture idéale ou de cinéma documentaire aux résultats proches du journalisme gonzo.

Car créer un monde meilleur est une chose mais encore fallait-il pour eux qu’il y ait un « intérêt ludique à résoudre des problématiques » et que les solutions apportées soient réellement des améliorations tangibles et accessibles pour la vie de chacun. Ainsi ce fameux ensemble Lounge Chair et Ottoman dont la version finale et définitive de 1956 fut parachevée pour l’anniversaire de leur ami réalisateur Billy Wilder se composait-il comme un simple jeu de construction de quelques pièces avec pour unique but de réduire au maximum les temps et les coûts de production. Il s’agissait donc bien d’adjoindre une fonction à une forme et de la rendre facilement industrialisable, ce qui revient en d’autres termes à citer la définition du mot « design ».

Cette pièce majestueuse de l’histoire du design a donc été conçue dans le but initial d’offrir un confort populaire et accessible via une production de masse. Nous sommes donc ici loin des stands somptueux et luxueux comme nous en a encore gratifié Vitra en cette année 2010 au salon du design de Milan. A la découverte de ce stand nous sommes loin de ces idées de collages et d’expérimentations bricoleuses qui ont fait l’identité si particulière du Eames Office du début, genre de Factory de l’aménagement intérieur et du confort de vie pour tous, laboratoire primaire du confort moderne. Nous sommes loin de la proposition luxueuse sous laquelle se présente ce « désormais produit » qu’est le lounge chair alors transformé en outil d’apparat pour quelque snobinard en mal de reconnaissance sociale.

Lounge Chair, le refuge selon Eames…

C’est en tous cas ainsi que Charles et Ray Eames l’on conçu. Il ont souhaité le créer comme un refuge aux agressions du monde extérieur, comme une sorte de cocon douillet et totalement ergonomique prêt à recevoir le poids d’une dure journée de labeur, soutenant le corps en souplesse grâce à cette magnifique invention du bois moulé multiplis devenu à mon sens le meilleur ami du skateboarder moderne, les spécialistes comprendront. Alors que la culture lounge naissante des goldies voulait que l’hôte expose à ses invités les attributs de sa réussite sociale via quelques produits caractéristiques poétiquement dénoncés dans le fabuleux « Mon Oncle » de Jacques Tati, le Lounge Chair des Eames s’inscrivait dans la logique inverse d’une intimité respectée et d’un confort discret mais très récupérateur.

Continuité des travaux sur les prothèses, discours devenu cher à des designers stars comme Stark qui avaient dû bien retenir leur classiques et miser sur la mémoire de poisson rouge du grand public pour redéballer le concept, ce Lounge Chair de Eames est en quelque sorte une des premières pièce de ce que l’on nommera un peu plus tard la bionique, vous savez, l’homme qui valait 3 milliards !  Comme quoi, on peut en faire des choses avec quelques planches ! Et c’est en pensant à tout ça que finalement je me dis : « mais comme on doit être bien dedans pour écouter ses disques! »

Mon Lounge Chair ?

Et me re-voilà devant cette question existentielle folle, pourrais-je un jour l’avoir mon Lounge Chair, le mien ? Car après autant de recherches, sur ce fauteuil, son histoire, celle absolument sublime de son couple d’auteurs tout aussi attachants que respectables, je ne pouvais que devenir accro à cette « chose » qui devenait tellement rock’n roll que j’en étais prêt à faire au moins autant de choses pour l’acquérir que je n’en aurais fait à une certaine époque pour avoir ma première Vespa.

A vrai dire je répondrais d’entrée à cette question que OUI, car cet article a été démarré il y a pas mal de jours maintenant et qu’entre temps, j’ai pu mettre la main sur « l’artisan qui pouvait le réaliser dans l’esprit ».

Ce ne fut pas facile, l’enquête fut longue, les doutes nombreux mais après de longues heures sur internet, un échange de mails conséquent suivi d’appels téléphoniques avec un certain Giuseppe que je salue courtoisement au passage, l’envoi d’un beau catalogue et un échange de questions quant à des échantillons de bois et de divers cuirs italiens de grande qualité reçus par la poste sous enveloppe à bulles, je crois pouvoir dire que je l’ai trouvé cet artisan.

A ce jour le fauteuil et son ottoman sont à peine commandés et mis en production, et je dois attendre quatre bonnes semaines, mais dès réception je poserais ici des clichés détaillés du savoir faire de cet artisan. Car comme le disait Charles Eames, « il n’y a pas de détail. Le détail c’est ce qui fait le produit ». Je l’ai souhaité en palissandre pour avoir ce veinage originel de la création de 1956 mais teinté « noyer » car il va cotoyer mes Klipsch Heresy III elles-mêmes de teinte noyer. C’est pour mon petit côté esthète. Et puis cela le rend réellement plus doux que le flamboyant palissandre d’origine. Quand au cuir, un cuir bovin pleine fleur sans correction de grain pour optimiser sa durabilité dans le temps, d’une douceur certaine et d’une souplesse absolue, il devait être « ivoire » mais il m’est resté de cette enquête une dent contre la version actuelle de Vitra alors je l’ai choisi noir, comme l’original. Et avec des enfants de 18 mois qui sauteront dessus mieux vaut éviter les teintes claires!

Lounge Chair et Ottoman pour tous ?

Je pense maintenant que cela peut en effet s’envisager si ça n’est qu’il faut détourner avec astuce les réseaux officiels financièrement et juridiquement bridés, quel paradoxe vis à vis des auteurs , trouver « le bon artisan qui travaille dans l’esprit » et surtout la bonne entente avec celui-ci pour que vous trouviez en lui ce que les Eames ont pu trouver à leur époque chez des Evans ou Herman Miller de la première heure pour être sûr de la réalisation de leurs prototypes. Peut-être pourrais-je en faire profiter les lecteurs de cette page un jour, en tous les cas, j’y travaille ardemment. Pour la petite histoire, le tarif que me proposait le réseau français de Vitra était au moins trois à quatre fois supérieur à celui que m’a proposé cet artisan en question!

Galerie photos à venir pour le plaisir des yeux.

To be continued…

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