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Mondialisation, pin-ups et vinyles…

Mardi 2 novembre 2010

Il y a quelques jours de cela, je téléchargeais le nouveau numéro (32) en ligne du magnifique magazine Tone Audio. Je parcours le PDF attiré par l’article sur le All Tomorrow’s Party Festival 2010. Iggy Pop, l’iguane, y était fort attendu et semble perpétuellement envouter son audience. Et puis dans la rubrique musique où sont recensés les plus beaux pressages audiophiles du moment, je m’arrête net sur une pochette. Le disque s’appelle « Beat at Cinecitta » et en lisant le texte de Jeff Dorgay je m’aperçois que nous avons eu exactement la même réaction.

Les Pin-ups, c’est chouette !

Comme il le dit lui-même dans sa chronique donc: « comment ne pas s’arrêter sur une telle pochette blanche immaculée ornée d’une superbe italienne plantureuse devant un coupé Alfa GTV… » C’est l’effet pin-up auquel je suis attaché qui est en pleine action. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’admette ou non, devant une pochette élégamment coquine, on craque déjà un petit peu…

Il s’agit surtout ici d’un pressage inédit et assez exceptionnel de musiques de films italiens des années 60 70. L’édition est limitée à 1000 copies. Magnifique. C’est en plus très exactement le son auquel je destine mon système qui se révèle au fur et à mesure des mes nouvelles acquisitions de vinyles. L’ensemble Heresy III et le Luxman fonctionnent à merveille et même après mon passage au salon High-End de Monaco, je n’ai pas à rougir devant ce que j’y ai entendu. Je suis même assez fier de cette installation imaginée au feeling après un petit apprentissage empirique grâce au web.

La mondialisation, c’est bon !

Séduit par ce disque et emballé par la critique de Jeff Dorgay, je gratte donc un peu et me voilà dans Google à chercher la référence du disque. L’article m’emmène vers un label allemand, Crippled Dick Hot Wax Records. Je clique. Revenu de l’autre côté de l’Atlantique, je parcours le catalogue, tout petit et y découvre ce fameux « Beat at Cinecitta Vol. 1″. On peut en écouter des extraits (de bonne qualité), j’écoute. Ça sonne grand orchestre avec un groove à la Lalo Schifrin, ça semble énorme. Il y a des compositeurs dont je cherchais désespérement des enregistrements comme Bruno Nicolai, Pierro Piccioni, Armando Trovajoli, Luis Bacalov ou encore Riz Ortolani. Je m’empresse de commander ce disque. Ma curiosité est néanmoins attirée par un autre, le Kamasutra par Irmin Schmidt de 1968 en double vinyle. Cela inaugurait son travail avec Can et me paraissait être un disque sinon à avoir, du moins à connaître.

Reparti dans mes écoutes d’extraits, je choisis quelques disques et me lance dans ma commande. En quelques minutes, j’ai lu une presse américaine qui me vantait les mérites subjectifs et engageant d’une musique de cinéma italien rétro que je m’apprête à commander chez un petit label indépendant allemand qui a pu le ré-éditer comme par magie! Je suis impatient de recevoir cette commande un peu anxieux quant au délai de la part d’un site étranger.

Quelques jours après, je reçois ma commande. Il y a des maxi 45T de démo joins au colis. C’est extrêmement sympathique. J’adore découvrir des choses et le geste est attentionné de la part d’un label/boutique. J’apprécie au plus haut point. Je déballe le « Beat at Cinecitta Vol.1″ et là, j’hallucine. La pochette qui s’ouvre comme un double album a l’intérieur rempli d’informations détaillées sur ce que l’on va écouter. C’est le type de détail auquel on ne s’attend pas quand ça n’est pas mentionné ou visible sur le site du vendeur. La surprise est donc excellentte. Le dos de la pochette est lui aussi magnifique et le vinyle est un superbe pressage blanc orné de deux ronds discrets et élégants. Je le met en place sur la platine et c’est parti pour quelques minutes entre deux mondes…

Le vinyle, c’est vraiment bien…

En effet depuis que je trouve de bons pressages en neuf, je découvre la qualité incontestable d’un bon disque vinyle par rapport à celle d’un CD. Même avec ma platine qui est une entrée de gamme audiophile (Pro-ject Xpression III Classic) mais qui gratte avec subtilité, j’ai une profondeur sur cette musique de grand orchestre qui est fort puissante. La haute sensibilité des Heresy renvoie des jeux de cuivres magnifiquement clairs et détaillés rythmés par une basse ronde et fluide. Il y a un côté spontané dans la diffusion du son qui semble manquait à l’écoute d’un CD. Ce disque est absolument superbe à tous points de vue et ce qui est aussi super agréable dans le vinyle, c’est la taille de sa pochette…

Ce « Beat at Cinecitta Vol.1″ édité par Crippled Dick Hot Wax Records est à se procurer absolument pour quiconque veut ressentir le véritable esprit lounge de cette époque dans sa plus belle variété et ses plus belles tonalités. Une compilation d’œuvres puissantes et rythmées parfaitement maîtrisées dans une excellente qualité d’enregistrement.
Le 33 tours est disponible ici pour 17,90 € : > le découvrir

Monaco AV Show 2010, mon baptème du feu…

Mardi 2 novembre 2010

Enfin le voici arrivé ce jour où, de façon impromptue, j’allais vivre mon premier salon hi-fi! Je reste cloîtré derrière l’écran toute la semaine, et là, à une bonne heure de route de chez moi se déroulait un véritable salon high-end avec quelque petites choses qui attiraient toute ma curiosité et de grands classiques que j’allais découvrir enfin en vrai. C’est donc en quelque sorte mon baptème du feu en la matière.

Ce salon, c’est le Monaco Audio/Vidéo Show 2010

C’est un salon plutôt professionnel mais aussi autorisé au public, gratuit et qui se déroule les 30 et 31 0ctobre et le lundi 1er Novembre 2010 à l’hôtel Fairmont de Monte Carlo. Je pensais y aller accompagné de mon associé Simon malheureusement cloîtré lui aussi ce jour-là, mais pour un problème de clef, dommage. Tant pis pour lui, il m’avait un rien donné l’eau à la bouche en m’envoyant une photo d’une écoute la veille sur les Avantgarde Duo Mezzo ! Partager un tel moment eut été des plus instructif mais ça n’est que partie remise.

Arrivé sur place mon autre associé et ami, Emmanuel, était déjà dans les murs discutant à son aise chez Focal! J’en étais très heureux et entrais.
Après un parcours sous une pluie diluvienne entre l’autoroute montagneuse de Nice et les tunnels monégasques, une petite ascension pédestre vers l’hôtel toujours sous une pluie battante et bruyante, j’entrais dans l’immense lobby de l’hôtel. Une hôtesse me renseignait sur la localisation du salon au premier sous-sol, mais aux chambres avec vue sur une méditerranée totalement déchaînée.
J’arrive à l’étage et d’un coup, me saute aux yeux le cliché des salons vus sur le net avec ces démonstrations faites dans les chambres d’hôtel. Je ne savais quel genre de sensation cela pouvait me procurer, mais pour quelqu’un qui apprécie l’espace, je me sentais un peu comme dans un couloir résultat d’un mixage entre l’Orient Express et la Croisière s’amuse.
Un fois le badge préparé par l’hôtesse passé autour du coup, je devenais un visiteur. J’étais face à deux couloirs, une patte d’oie, un début de road movie sur quelques centaines de mètres carrés. Une parodie intimiste de la légende de Cross Roads, un moment qui aurait relevé de l’acte chamanique si j’avais eu un Kid Loco dans les oreilles.
J’arrive un peu entre deux heures (13h30). Nos partenaires et amis de chez Triangle m’accueillent cordialement en se préparant à aller déjeuner. Guillaume me glisse que les fonds d’écran que lui ai fait sur la série Color sont un peu too-much pour la marque ;-)
Convaincu du contraire, je lui en prépare d’autres visibles dans mes photos Facebook, n’hésitez pas à les commenter, je leur en ferais un retour.
Nous échangeons donc  quelques paroles, puis me revoilà plongé dans ce couloir rythmé par des kakemonos aux enseignes des exposants. Un moment de solitude propre aux timides, et au détour d’une porte je retrouve l’ami Manu. C’est assez impressionnant de se retrouver dans ces petites pièces, une douzaine de mètres carrés, face à des gens qui ont une expérience et un savoir-faire qui n’est autre qu’encyclopédique. J’écoute très attentivement tous les discours mais j’ai hâte de faire une écoute. Manu et moi sortons, et je lui dis que le stand Avantgarde est à quelques portes. Nous y allons. Il est fatigué, assez éteint, je suis fort intimidé, à la fois impatient et géné. On entre.

Ma première écoute, Les Avantgarde Duo Omega drivées par le Model Three…

L’accueil est chaleureux et enthousiasmant. La barrière de la langue se fait un peu sentir mais le sourire du représentant de la marque exhibait pour lui tout l’amour qu’il lui porte. Nous évoquons l’anecdote sur l’engagement du créateur d’Avantgarde suite à une écoute des Pink Floyd sur une enceinte à pavillon, sourions et choisissons ce groupe pour démarrer. On part sur The Wall que j’apprécie peu, mais là, c’est la baffe…

Les Avantgarde Duo Omega sont transparentes, claires, précises, à la fois physiques et douces, un pur bonheur. Elles sont d’une précision rare pourtant trop cloisonnées dans cette petite pièce, mais elles s’expriment, belles et généreuses. C’est ça, elles sont généreuses. Bien que cette finition ne soit pas ma tasse de thé (j’opterais pour un pavillon rouge et un placage bois en façade), elles en jettent ne serait-ce que par leur architecture. Elle montrent ce qu’elles font et l’ensemble représente « ma perfection » dans ce domaine. Peut-être un jour aurais-je l’occasion d’écouter le Trio Classico & Basshorn
En attendant, les Duo Omega sont présentées en compagnie du fabuleux amplificateur intégré, le Model Three, qui drive l’ensemble avec une pureté audible muni de ses 2 X 1watt en pure classe A. Il est magnifique, d’une finition massive et solide purement allemande, d’un design néo rétro sans compromis et épuré à l’extrême qui va à l’essentiel et qui me va droit au cœur. Il est d’une beauté rare aussi pour ce type d’appareil. Le lecteur CD-SACD est un Audio Aero LaSource Prestige, très imposant et tout aussi musical.

Puis arrive un moment que je n’attendais pas, ou plus, déjà comblé par l’expérience. On me demande si je souhaite écouter quelque chose de particulier, si j’ai apporté un disque même ? J’en frémis. Oui j’ai bien pris quelques disques à la va vite mais lequel puis-je mettre? C’est comme si on me demandait de donner en 10 secondes le livre que je prendrais sur un île déserte où je resterais à vie. Je tente un truc, sans aucun doute peu commun pour notre hôte, Armin Krauss en personne. Je lui tend l’album Noise de Archive. Comme son nom l’indique, il est très noisy et je risque l’évacuation de la pièce !

Notre hôte me fait confiance, il enfourne le CD dans le lecteur, on me propose la place centrale avant, ça démarre. C’est majestueux. On sent une réelle montée en puissance. Cette montée est longue et l’auditoire semble apprécier cette découverte musicale. Jusqu’à un point que je ressens avec plaisir. Au fil du morceau tous les potards semblent être un peu poussés, je ne l’avais jamais entendu ainsi. Je ne sais si les Avantgarde sont trop précises, si l’ingénieur du son entré en transe pendant le mastering s’est affolé sur les boutons de volume des pistes ou si le titre de l’album a été scientifiquement mérité mais le son craquait quand même bien à la fin brutale du morceau. On entendait presque un jack mal bidouillé derrière un son indus d’une présence presque insupportable. J’étais extrêmement proche de ce que j’avais ressenti pendant un concert d’Archive au Zénith de Paris, mais dans 12 mètres carrés. Un ange est passé. J’entends derrière moi, avec un accent allemand, une sorte de « woufff … ». Je me suis retourné souriant, et j’ai vu trois têtes figées, scotchées comme par le souffle d’un réacteur d’avion.
La piste 2, avec le fabuleux « Fuck U » démarre à son tour, d’une voix proche et légèrement éraillée à peine soutenue par des accords clairs de folk un peu lancinants. L’atmosphère s’appesait, des gens entraient pour une écoute, je baissais le volume. Le meilleur est qu’ils étaient parfaitement satisfaits de m’avoir autorisé ce plaisir et j’ai vu là l’un des fondements culturel de la marque Avantgarde. Se faire plaisir en faisant plaisir. C’est généreux, tout comme l’est leur matériel. Je serais extrêmement fier de pouvoir un jour proposer à des amateurs ce matériel bien à part.

Et chez Avantgarde, tout est vraiment exceptionnel, tant les moments qu’ils nous font vivre avec leur matériel extraordinaire que ceux qui nous restent après cette petite visite planant entre la dimension vécue et la perception de sa mémoire. La musique est bien ici le maître mot sachant rester subjective. Un consensus évident plane dans cette pièce sur le bienfait du pavillon et de ses résultats sur les systèmes  élaborés par Avantgarde. Des sourires et remerciements sont échangés, je repars un peu plus humble encore et follement enjoué. J’ai écouté mes premières Avantgarde. J’en ai oublié le magnifique prospectus, récompensé d’un Red Dot Design Award

Pour découvrir Avantgarde plus en détail dans leur philosophie, je vous recommande vivement le visionnage de ce petit film qu’ils ont réalisé avec soin et honnêteté :
> Voir le film

L’Utopia Maestro et l’ampli Devialet D-Premier.

C’est là notre seconde écoute. Ces Utopia sont imposantes et élancées, relativement viriles et massives. L’ampli Devialet disparait reflétant à la perfection la petite pièce d’écoute comme camouflé par sa classe discrète. Le disque de démo à base de percussions du Djembé lourd et profond aux Tablas rondes et aigües est lancé. C’est impressionnant de clarté mais un élément nous gène ou nous surprend pendant l’écoute. Nous n’aurions jamais remis en cause la qualité de ces enceintes ni du superbe Devialet. La pièce était réellement trop petite pour le système présentait et renvoyait un nuage de basses fréquences vers le système en l’étouffant un peu. Nous avouons cette sensation à notre sympathique hôte, qui avoue son mal à sonororiser cet espace exigüe. Le Devialet est fin mais puissant et les Maestro sont sacrément puissantes.

J’aurais vraiment aimé les découvrir en bonne condition un jour car elles en imposent aussi dans leur genre. Le peu que j’en ai eu aux oreilles m’a envouté. En revanche ce fut une excellente visite car notre hôte, Manuel de la Fuente, n’était autre que l’un des concepteurs du D-Premier et nous avons donc pu le féliciter chaleureusement pour cette œuvre emprunte de grâce. Je lui évoquais mon respect pour la philosophie de l’écoute de David Blecher car c’est par son site que j’ai découvert l’entrée en scène prometteuse de cet appareil. Je n’en ai aucunement été déçu. Il est assez saisissant en vrai. Un écrin bijou pour le son, unique. Il incarne un renouveau d’un certain savoir-faire « à la française », moderne et capable de la plus grande innovation, pour le simple plaisir de nos sens. Je garde un souvenir précieux de l’évocation de la problématique du « gros bouton » indispensable sur tout ampli et verrait en cela une belle façon d’envisager la problématique de la restitution sonore.

Et un parfum de Eames et de curiosité se fit sentir quand j’entrevis les Davone Ray.

J’en avais fait l’article dès la présentation car elle incarne le savoir faire artisanal très créatif de nos amis du Nord. Elle est superbe, à une échelle raisonnable qui ferait presque douter de ses capacités. Elle attire l’œil de toutes façons comme un aimant. La Ray de Davone arrive sur le marché avec un capital sympathie évident et un sacré caractère.

Sacré caractère aussi que celui de Didier notre hôte dans cette pièce dédiée à Dynamic Home Cinema, son entreprise, certifiée THX 2. Et ça s’entend ! En entrant on se serait cru au Gaumont dans une grande salle toute en numérique. Balaise. Je ne suis pas fan de Home-Cinéma mais là, j’ai été impressionné par l’homme, ses compétences et son dynamisme. Je lui disais que j’étais entré attiré par les Ray. Il a paru surpris et on a un peu échangé sur le sujet.
Mon associé Simon, passé la veille, m’avait l’air fort déçu par les Rythm. J’ai tout de suite vu que les conditions n’étaient pas du tout correctes mais à mon tour je me lance tel un kamikaze. On attend quelques réglages et autres branchements. Et là, elles partent. Une anarchie de morceaux leur déferle sur la tronche façon karaoké, des gens entrent, ressortent, c’est à la bonne franquette!

Et bien Emmanuel et moi-même avons été très agréablement surpris. Elles envoient et en supportent les bougresses. Malgré leur taille elles en imposent avec une certaine ténacité et ne sont pas dépourvues de bonnes basses fréquences non plus. Elles nous ont fait oublier l’environnement proche ces petites enceintes. Vues les conditions de crash test voici encore une écoute qui nous autant surpris que ravis. Il faudrait les ré écouter dans un bon auditorium pour en connaître vraiment les possibilités mais elle sont de toute façon étonnantes et très alternatives à l’offre très classique de ce segment. Un grand merci à Didier pour son accueil et son super lounge chair de 1956. Cette rencontre fut exigüe mais fort agréable.

On termine chez Cabasse avec la Pacific 3 SA et la Riga accompagnée du Caisson Santorin 30

Nous sommes accueillis avec beaucoup de sobriété et une avalanche de passion évidente pour le matériel qui va nous être proposé. On nous expose les imposantes nouvelles colonnes semi-actives de chez Cabasse, les Pacific 3 SA. Je trouve personnellement le design en vague trop complexe, la colonne est imposante sans être sculpturale. L’amplification à lampe a en revanche attiré mon œil/oreille.

Nous nous asseyons et l’écoute démarre jazz. C’est très classique, elle sont musicales mais un peu lourdes. Nous revivons le syndrome de l’écoute Focal, la pièce était sous dimensionnée et acceptait encore mal les basses fréquences. Après l’écoute, j’évoquais mes sensations et penser détecter un manque de spontanéité. D’accord avec nous et sachant en plus pourquoi, ce charmant monsieur s’empressait de nous brancher les Riga, majestueusement posées sur leurs socles en fins delta. Je les ai toujours appréciées visuellement mais n’en avait pas entendu vraiment du bien. J’expliquais que ça sonnait comme une caisse, pensant à la pièce bien sûr. Notre hôte nous montra donc que les Riga étaient une sorte de Pacific décaissée, qu’il y avait œuvré depuis longue date et qu’il nous proposait une toute autre écoute avec un immense sourire…

Il branche donc les Riga, allume le caisson de basses Santorin 30 et nous envoie un disque de percussions japonaises. A la troisième note nos genoux se mirent à trembler et, paradoxalement, sans la gène lourde et physique de gros home-cinémas. C’était agréable et la source était difficilement localisable. Le son semblait réellement se re transposer dans le volume même de la chambre aidé par le réglage acoustique de la pièce en temps réel du caisson. Pas trop attiré par cette technologie, j’avoue avoir été totalement bluffé par le résultat. J’ai rarement entendu un ensemble aussi précis et spontané encore moins de cette taille. C’est une superbe pièce audiophile au design alternatif pour certains fort logique, et à mes oreilles efficace et transparent.

Ce fut donc une très belle écoute, fort bien accompagnée et très instructive et une bien belle surprise pour finir cette après-midi de salon, mon premier salon high-end. Vivement le prochain !

Salon de la Haute Fidélité, Paris 16 et 17 Octobre

Jeudi 7 octobre 2010

Ce superbe salon se déroulera à l’Hotel Mariott, boulevard Saint Jacques à Paris (14ème) du samedi 16 au dimanche 17 Octobre 2010.

Bien qu’un autre salon ait lieu une semaine plus tôt et surtout dédié au home cinéma, celui où seront exposés les plus beaux matériels dédiés entièrement à la haute fidélité vaut vraiment le détour. L’entrée sera de 10€ pour la durée du salon mais une entrée gratuite est disponible dans le numéro d’Octobre du magazine Haute Fidélité.

Je ne pourrais m’y rendre mais j’ai remarqué quelques matériels que j’aurais vraiment aimé écouter tant j’ai pu en entendre parler ou ou en rêver devant les sites des constructeurs. Parmi les curiosités à découvrir je recommande la marque d’enceintes à haut rendement Nautile Acoustique qui devrait présenter les HR-C et HR-D sur des électroniques à transistors Xindak en classe A, et sur des blocs mono à tubes 845 Melody et Jolida.

À écouter aussi un bon avant-goût d’un ensemble de haute fidélité de prestige à un tarif accessible, puisque son prix global n’excédera pas 4 900 euros. Vous y découvrirez en avant-première les nouvelles Planets, modèles d’entrée de gamme du constructeur allemand Duevel, mais déjà capables de reproduire cette diffusion omnidirectionnelle si agréable. Elles seront alimentées par les « bébés » Van Medevoort : le lecteur CD250 et l’intégré MA250.

Autre étape inratable à mon avis c’est la présentation de la platine Kuzma Stabi S couplée à l’extraordinaire nouvelle merveille de chez Nagra, le 300i. Cet appareil a un push-pull de triodes 300B par canal pour développer 2 x 20 watts. Mais ne vous fiez pas à ce chiffre, sa nervosité est sans égale. Les cylindres de protection des tubes sont en cristal Swarovski. Il est livré d’origine avec un plateau découpleur VFS optimisé spécialement pour l’effet microphonique de ses tubes. Attention ce petit prodige est fabriqué en série limitée ; il n’y en aura pas pour tout le monde.

Le stand tenu par DEA m’aurait aussi très fortement intéressé avec la présentation de la superbe Thorens TD 550 à l’esthétique ravageuse avec les superbes Elipson 4260 en sortie.

Enfin au rang des curiosités que j’aurais aimé tester de près, la présentation des enceintes Audionec qui me paraissent toutes aussi originales qu’elles doivent être surprenante en écoute. Et puis ça n’est pas si fréquent de voir une production française se démarquer autant du lot. Ils présenteront l’Answer et peut-être aussi la Response.
L’Answer est une enceinte acoustique d’un nouveau type, sans aucun coffret hermétique, fonctionnant en dipôle et faisant appel à des transducteurs non conventionnels : des panneaux plans de 75 cm de côté. La section basse de l’Answer utilise quatre de ces panneaux entre 15 Hz et 200 Hz. Pour compléter ces haut-parleurs pour le moins inhabituels, Audionec utilise un tweeter à ruban entre 20 kHz et 45 kHz. Grâce à cela, l’Answer est capable de vous transporter dans la dimension de la musique live. Selon son créateur, c’est une enceinte d’exception qui intègre les fonctions de correction acoustique du système et du local. Elle est active (donc multi-amplifiée et filtrée), mais peut utiliser vos amplificateurs si vous le souhaitez. Les enceintes passives Response utilisent la même cellule médium aigu que leurs grandes sœurs Answer. Elles mettent en œuvre un filtrage passif faisant appel aux meilleurs composants et une section grave basée sur un boomer de 38 cm.

Pour terminer, Sound Arts Network créé l’événement en annonçant un produit mystère qui sera présenté lors du salon. Selon le distributeur, ce nouveau produit d’exception devrait décrocher la mâchoire des mélomanes les plus blasés…

« Aujourd’hui lors de l’achat d’un produit d’exception un large choix s’offre à vous, mais aucun produit ne fait l’unanimité pour les mélomanes les plus exigeants. Lors des nombreuses démonstrations qui auront lieu sur notre stand, ce produit mystère va vous démontrer, au contraire, qu’il est sans concurrence à l’écoute, avec un naturel auparavant inaccessible, tout en offrant une esthétique d’une élégance rare à la hauteur de ce chef d’œuvre de la hi-fi d’exception.
Tout ceci est rendu possible, grâce notamment à l’emploi d’une technologie idéale pour la reproduction des plus hautes fréquences, parfaitement mise en oeuvre et secondée dans les basses et moyennes fréquences. Une sélection parmi les meilleurs éléctroniques que nous distribuons, lui seront associés pour des moments uniques. »

J’ai vraiment hâte d’en savoir plus car depuis que j’ai mon ensemble Luxman D38-U / SQ38-U, je me demande comment ma mâchoire pourrait tomber plus bas !
En même temps je reconnais cette esthétique et sans vouloir casser la surprise je pencherais pour un nouvel élément d’une marque vraiment des plus prestigieuses de la hifi, à en faire presque oublier les musiciens au profit de la voix ;-)
J’espère que David ne m’en voudra pas !

Pour quiconque aura pu goûter à ces matériels, n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires. En vous souhaitant un bon salon de la haute-fidélité.

Geneva Lab, l’autre HiFi de Suisse

Lundi 4 octobre 2010

Je me souviens lorsque je vis ces appareils pour la première fois. Possesseur d’une Apple HiFi, je ne voyais pas d’autre dock iPod à l’époque qui pouvaient s’avérer intéressant. Le Zeppelin de Bowers and Wilkins semblait vraiment bon, et il l’est, mais avait un design trop typé pour moi. Et puis je vis les Geneva Lab. Le design est absolument sobre et épuré, reflète même une certaine puissance demandant à s’exprimer avec sa grille finement embossée et séduit sans heurter dans sa robe laquée qui met en relief toute sa simplicité.

La simplicité est le mot d’ordre chez Geneva Lab. Avec une vision très moderne de la transmission stéréophonique Geneva Lab fait de son dock ipod/iphone un objet unique dans l’histoire du design. Ils ont en effet breveté un système autour d’une technique que les professionnels de studio appellent le « embracing sound ». Cela se base sur le principe que, en disposant deux haut-parleurs dans un même meuble robuste on peut obtenir une image stéréo plus large. Le travail d’ingénierie a aussi produit un filtre de traitement numérique du son pour obtenir une spacialisation encore plus large. Pour l’avoir essayé, je dois bien avouer que c’est absolument bluffant de réalisme même avec les petits modèles. Le XL m’a néanmoins mis sur le c… D’un design tout aussi moderne que sa conception, le Geneva Lab Sound System est un appareil d’un autre genre illustrant à la perfection le rapprochement de la forme et de la fonction pour un objet à l’identité propre. Son design devient alors un classique.

Créé pour un style de vie contemporain.

Geneva Lab est une équipe de passionnés du design et d’ingénierie sophistiquée dans le domaine du son et de l’optique. Basée en Suisse la marque Geneva Lab s’adresse aux utilisateurs ayant un style de vie contemporain.Cette philosophie comme marque de fabrique n’est pas sans me faire penser à la démarche initiée par Dieter Rams, designer incontournable connu notamment pour ses travaux chez Braun, pillés par le bureau de design de chez Apple. C’est d’ailleurs à Dieter Rams que l’on doit le design de l’iPod entre autres et cela dit en passant ;-)

Selon ses créateurs l’attribut le plus important d’un système audio Geneva Lab Sound System est de restituer un son exceptionnel sans faire de compromis en matière de design ou de technologie.

Le Geneva Sound System reproduit le son tel que l’artiste qui l’a enregistré voudrait l’entendre. Pour y parvenir, les ingénieurs acoustiques ont fait appel à des musiciens professionnels, à des producteurs de musique et à la meilleure technologie audio numérique pour recréer de véritables conditions de studio d’enregistrement incroyablement faciles à vivre. Ce système offre les gammes subtiles d’un petit quartet à un faible volume ou peut accompagner de sa puissance une fête à la maison grâce à son ampli XL de 600 watts.

Pour une intégration facile dans un intérieur.

Souhaitant des systèmes s’intégrant facilement à l’intérieure d’une maison, la philosophie de Geneva est un véritable défi pour les ingénieurs de la marque suisse. Derrière une simplicité apparente il s’agit d’un concentré de technologies audio les plus récentes. Les produits Geneva, notamment les Geneva Sound, ne sont produits qu’avec des fabricants qui partagent la passion pour la très grande qualité. Si être suisse, cela signifie être perfectionniste, alors Geneva Lab en est le reflet parfait !

Geneva Lab, une gamme complète

Geneva Lab propose une gamme complète Geneva Sound System HiFi compatible iPhone et iPod avec lecteur CD et radio numérique intégrés, ainsi que des supports pieds d’enceintes GenevaSound (uniquement sur les modèles Geneva Sound L et Geneva Sound XL).

Vous pouvez découvrir l’ensemble de la gamme et des tarifs sur ce site : www.ecranlounge.com
Le Geneva Lab Sound System est en écoute à l’EcranLounge Store d’Antibes. Pour vous y rendre, suivez ce lien : le-showroom.ecranlounge.com
Pour des informations complémentaires voici le site du fabricant : www.genevalab.com

Quelles enceintes pour le Miniwatt ?

Samedi 2 octobre 2010

Cet article vient faire suite à une discussion engagée sur l’espace Facebook de Miniwatt. Alex, un acheteur du modèle S1 se demandait quelles enceintes iraient de paire avec ce magnifique petit ampli à lampes.
Ce que j’aime dans l’amplification à lampes, ce sont les lampes. Elles éclairent la mise en œuvre d’un processus de reproduction et de ré organisation de particules pour re matérialiser un moment déjà passé rempli d’émotions basées sur des harmonies.
Ce que j’aime dans l’amplification à lampes, c’est que ce système joue sur la sensibilité, et, est donc de fait favorisé sur des enceintes à haut rendement. On les appelle ainsi car elles offrent une sensibilité accrue (> 91db) et renvoient presque physiquement la chaleur et la douceur du traitement sonore par les tubes.

Ces enceintes ultra sensibles n’ont donc pas un besoin en énergie démesuré pour commencer à s’activer et transmettre tout le détail d’un bon enregistrement. Elles ont parfois un coût moyen plus élevé que les enceintes dites à bas rendement, mais la différence se retrouve vite dans le choix d’un bon petit ampli à lampes. Et puis ce qui va nous intéresser ici, s’inscrit dans le cadre d’une démarche globale visant à ce monter un très bon système à moindre coût.

Ce ne fut que quelques années en arrière, j’aurais acheté un Miniwatt !

C’était exactement le genre de matériel que j’aurais recherché, petit, peu encombrant, assez esthétique et avec un prix des plus abordables s’il s’agissait de se lancer dans une petite installation complète, cohérente et de qualité. Avec moins de 300$ de bugdet pour un ampli, on peut raisonnablement imaginer un budget entre 200 et 600$ pour les enceintes qui s’y destinent. Notons tout de même que rien n’empêche de se faire totalement plaisir et je vous montrerais aussi quelques exceptions plus chères mais dont la combinaison pourrait être fort satisfaisante voire surprenante.

Tant qu’à se faire plaisir autant faire quelque chose d’étonnant : Joey Roth Ceramic Speakers

J’imagine plutôt bien une combinaison très design entre le Miniwatt S1 ou N3 et les enceintes céramiques de Joey Roth. Avec une sensibilité de 89db elles seraient potentiellement cohérente pour obtenir un ensemble néo rétro très design et avec un son relativement pur. Pour 340 € vous obtenez ainsi un plaisir visuel, un objet de design reconnu, et une touche d’aventure accentuée par l’aspect brut et dépouillé de l’ensemble.

Specifications :
Output : 15 W/ channel
Sensitivity: 89 dB
Frequency Range : 70 Hz – 20 kHz
Impedance  4 Ohm
Prix : 340 €
Pour se les procurer : Joey Roth

Un diapason d’Or même en petit budget : KEF IQ 30

Je les avais bien repérées celles-ci, avant leur récompense, et voilà qu’elles sont encensées par la presse spécialisée, les KEF IQ30. Ces petites enceintes bibliothèques ont un design des plus réussi et surtout un son absolument impeccable. Très compactes et faciles à placer, elles formeraient un ensemble très qualitatif avec le Miniwatt.

Spécifications :
Système : Bass Reflex 2 voies
Sensibilité : 89 db
Puissance maximale : 110 db
Plage de fréquences : 45 Hz – 40 Khz
Impédance : 8 Ohms
Prix : 449 €
Pour se les procurer : EcranLounge

Un choix ésotérique mais économique : Eltax Monitor III

La marque ELTAX est plus connue par la population des professionnels touchés par son savoir faire depuis 1959. Pour avoir équipé nombre de studios d’enregistrement cette petite enceinte bibliothèque joue parfaitement son rôle de « monitor » qui lui vaut aujourd’hui une reconnaissance sans faille, avec 5 étoiles chez What Hifi Magazine malgré un prix des plus minime. Elle est sobre et saura se faire discrète derrière sa qualité acoustique indéniable.

Spécifications :

Système : 2 voies, Bass-reflex
Puissance : 90 watts réels – 150 watts musicaux
Sensibilité (2,83 v/1m) : 89 dB
Impédance : 4 – 8 ohms
Bande passante (± 4 dB) : 50 – 22 000 Hz
Prix : 149 €

Pour se les procurer : Son-Vidéo

La classe américaine en puissance : Klipsch RB 61 II

Avec 60 ans d’expériences et de brevets faisant l’histoire de la haute fidélité américaine, Klipsch livre ici une belle petite bibliothèque fine et précise avec son pavillon Tactrix, son haut parleur céramique et métal et ses aigues en titane. Avec un rendement de 95 db, on a déjà en main quelque chose qui se montrer surprenant. Un classique.


Spécifications :

Puissance : 100W (400W crête)
Sensibilité : 95 dB/1W/1m
Bande passante: 43 Hz – 23 kHz (±3 dB)
Fréquence de coupure : 2 kHz
Impédance : 8 ohms
Prix : 399 €
Pour se les procurer : Son-Vidéo

…de l’écoute de référence.

Vendredi 1 octobre 2010

Depuis mon entrée dans cette passion, ce milieu et ses codes, j’entends parler d’écoutes de référence. Pour obtenir le « meilleur système », certains audiophiles se trimbalent un album de Diana Krall sous le bras et testent à tout va jusqu’à ré entendre ce qu’ils attendaient. C’est un peu Proustien, mais amusant.

Ce qui m’amuse c’est ce à quoi je ne m’attends pas !

Ce matin, je passe de magnifiques compilations « Blow Up » choppées chez Cosmic Groove, puis je me dis qu’un petit classique ne ferait pas de mal. Je sors un disque qui m’a été vendu par un ami se séparant des vinyles de ses parents pour des prix très abordables. Cet album m’était inconnu à l’oreille mais recensé parmi les indispensables à avoir. Je n’avais pas encore de platine mais la lecture des informations sur le rond du disque m’a inspiré dans cette acquisition.

Cet album c’est Lou Reed Transformer.

…Et puis je me mis à marcher sur le wild side !

La matinée est bien avancée, je peux monter un peu le volume. Le Luxman chauffe et la Pro-ject est bien entraînée. Je me laisse aller un café à la main au rythme de la galette jusqu’à « Walk on the Wild Side ». J’ose pour la première fois franchir le quart du volume disponible par l’amplificateur à lampes et l’intransigeance du haut rendement des Klipsch Heresy III commence à se sentir physiquement.
Outre l’entrée en communion avec les morceaux, je sens mon oreille s’aiguiser tant les détails sont évidents, clairs et transparents. La rencontre devient holographique. L’analyse prend le dessus, la curiosité est en éveil.
La basse est fort présente mais précise et ronde. On sent un toucher délicat des cordes accompagnant la nonchalance de la balade, un toucher rond et souple. La voix est quasi fantomatique tant elle est présente, légèrement granuleuse. Les cœurs qui battent le refrain sont d’une brillance totalement réaliste avec une approche progressive des plus envoutante. Les violons enveloppent d’un voile d’espace tout cet ensemble pop et léger, presque tiède.

Lorsque les poils se hérissent totalement sur mes bras, la suavité du saxo alto prend le dessus finissant de refermer cette bulle rythmique incroyable de réalisme, balade dans ce que l’on n’attendait pas dans un disque mais dans un moment proche de l’acte chamanique. Une fusion inscrite dans la mémoire. Une référence.

C’est sans doute la première fois que j’ai cette expérience avec mon ensemble haute-fidélité. Je me suis remis dans une quête de disques, vinyles pour la plupart, et cette quête va aussi dans le sens de ce que je sens comme potentiel musical de la part de mon installation. Ce morceaux, « Walk on the Wild Side » qui joue sur toutes les hauteurs, chuchoté puis fort, puis rond, puis claquant, intime puis orchestral, ce morceau a tout ce qui peut servir d’étalon à l’oreille pour juger de la retranscription qu’en fait un système. Disons qu’entre ce disque et le mien, j’ai assez vite envisagé le potentiel de l’ensemble et la surprise n’en fut que plus agréable. Tout comme je pense avoir sous le bras un « Atom Heart Mother » des Pink Floyd ou un Lalo Schifrin « Mission Impossible » pour ma première écoute sur un système Avantgarde.

Ce matin, je me suis senti extrêmement fier de mon installation et bien conscient du rôle de la psycho acoustique dans tout ça.
Ce matin, c’était là mon écoute de référence, Lou Reed « Transformer ».

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