…de l’écoute de référence.

Depuis mon entrée dans cette passion, ce milieu et ses codes, j’entends parler d’écoutes de référence. Pour obtenir le « meilleur système », certains audiophiles se trimbalent un album de Diana Krall sous le bras et testent à tout va jusqu’à ré entendre ce qu’ils attendaient. C’est un peu Proustien, mais amusant.

Ce qui m’amuse c’est ce à quoi je ne m’attends pas !

Ce matin, je passe de magnifiques compilations « Blow Up » choppées chez Cosmic Groove, puis je me dis qu’un petit classique ne ferait pas de mal. Je sors un disque qui m’a été vendu par un ami se séparant des vinyles de ses parents pour des prix très abordables. Cet album m’était inconnu à l’oreille mais recensé parmi les indispensables à avoir. Je n’avais pas encore de platine mais la lecture des informations sur le rond du disque m’a inspiré dans cette acquisition.

Cet album c’est Lou Reed Transformer.

…Et puis je me mis à marcher sur le wild side !

La matinée est bien avancée, je peux monter un peu le volume. Le Luxman chauffe et la Pro-ject est bien entraînée. Je me laisse aller un café à la main au rythme de la galette jusqu’à « Walk on the Wild Side ». J’ose pour la première fois franchir le quart du volume disponible par l’amplificateur à lampes et l’intransigeance du haut rendement des Klipsch Heresy III commence à se sentir physiquement.
Outre l’entrée en communion avec les morceaux, je sens mon oreille s’aiguiser tant les détails sont évidents, clairs et transparents. La rencontre devient holographique. L’analyse prend le dessus, la curiosité est en éveil.
La basse est fort présente mais précise et ronde. On sent un toucher délicat des cordes accompagnant la nonchalance de la balade, un toucher rond et souple. La voix est quasi fantomatique tant elle est présente, légèrement granuleuse. Les cœurs qui battent le refrain sont d’une brillance totalement réaliste avec une approche progressive des plus envoutante. Les violons enveloppent d’un voile d’espace tout cet ensemble pop et léger, presque tiède.

Lorsque les poils se hérissent totalement sur mes bras, la suavité du saxo alto prend le dessus finissant de refermer cette bulle rythmique incroyable de réalisme, balade dans ce que l’on n’attendait pas dans un disque mais dans un moment proche de l’acte chamanique. Une fusion inscrite dans la mémoire. Une référence.

C’est sans doute la première fois que j’ai cette expérience avec mon ensemble haute-fidélité. Je me suis remis dans une quête de disques, vinyles pour la plupart, et cette quête va aussi dans le sens de ce que je sens comme potentiel musical de la part de mon installation. Ce morceaux, « Walk on the Wild Side » qui joue sur toutes les hauteurs, chuchoté puis fort, puis rond, puis claquant, intime puis orchestral, ce morceau a tout ce qui peut servir d’étalon à l’oreille pour juger de la retranscription qu’en fait un système. Disons qu’entre ce disque et le mien, j’ai assez vite envisagé le potentiel de l’ensemble et la surprise n’en fut que plus agréable. Tout comme je pense avoir sous le bras un « Atom Heart Mother » des Pink Floyd ou un Lalo Schifrin « Mission Impossible » pour ma première écoute sur un système Avantgarde.

Ce matin, je me suis senti extrêmement fier de mon installation et bien conscient du rôle de la psycho acoustique dans tout ça.
Ce matin, c’était là mon écoute de référence, Lou Reed « Transformer ».

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