CES 2011, les tendances de l’audio

Comme tout passionné, je me suis pris à suivre ce qui s’est montré ou dit pendant cette grand messe annuelle et mondiale des professionnels de l’image et du son, le Consumer Electronic Show 2011 de Las Vegas. Et malgré que cela se déroule dans la ville de toutes les perditions et tous les excés, ce que j’en ai ressenti cette année est plutôt de l’ordre du rationnel.
Il semble qu’ils se fassent plus rares ceux qui fondent et s’enthousiasment devant les prix faramineux des gros systèmes présentés. Ceux qui peuvent ou veulent se les offrir, ou dont les oreilles sont suffisamment éduquées à une forme particulière de perfection, s’y ruent mais le gros des visiteurs ne s’y trompent pas et comme dans un show automobile on y découvre avec joie de petites idées simples et utiles œuvrant à une meilleur qualité de diffusion de la musique.
J’étais déjà heureux de découvrir parmi les papiers d’illustres rédacteurs et autres audiophiles, des sentiments proches des miens concernant certaines tendances constatées cette année passée. Notamment, que les fabricants dévoilent de plus en plus de « petits » produits abordables avec de réelles qualités qui autorisent tout un chacun à profiter au mieux de l’expérience musicale à domicile sans trop se ruiner. Le matériel qui a souvent le plus surpris ou attiré les attentions était rarement dans une galaxie tarifaire inattegnable. Enfin, ceux qui ont su surprendre l’année dernière et qui se sont confirmés cette année auront tout gagné pour 2011.

Les amoureux de musiques désireux de partager leur passion entre amis ont vraiment maintenant de quoi se faire plaisir grâce à des solutions à la fois évolutives, précises, très bien finies et non ésotériques. Le retour du vinyle aide notamment au développement de belles gammes de produits comme chez Pro-ject qui aide à la démocratisation du vrai matériel audiophile. La tendance « tubes » toute aussi forte voie l’avènement de belles réalisations modernes et abordables comme les superbes appareils de Peachtree Audio et j’en suis très heureux.

Devialet D-Premier, le succès se confirme.

Je l’ai découvert avec beaucoup de curiosité par le blog de Présence Audio, j’en ai entendu parler toute l’année 2010, je l’ai vu et entendu au Monaco AV Show 2010 et voilà qu’il est annoncé comme l’une des valeurs sûres du CES 2011. Ce salon de Las Vegas est évidemment très typé américain mais les oreilles critiques qui s’y promènent reflètent au mieux la diversité profonde du monde.
Je pense que le Devialet D-Premier est formidablement bien placé avec sa robe polie très élégante pour refléter au mieux cette diversité induite dans sa technique même. C’est devenu une valeur sûre et fiable. Même si son tarif reste inabordable pour moi (10 000€), cet appareil concurrence avec classe d’autres solutions aux prix avec un zéro supplémentaire ! Il reste donc dans l’ensemble des gammes de la haute-fidélité une affaire très abordable par rapport à ses immenses capacités et son identité forte. Son EISA Award 2010-2011 du Best Product en High-End Audio le confirme.

La différence se fait entendre

Nous parlions en 2010 de « La Chose », ce transducteur ouvert de JMB Acoustique (cocorico) qui semblait particulièrement efficace malgré sa rupture esthétique d’avec les sentiers battus. Parmi les plus belles écoutes recensées sur les blogs j’ai pu lire celle de Marc Philip, du site « Magazine Audio« , très largement séduit par des enceintes similaires dans l’approche, les Soulsonic Impulse. Les tarifs ne sont certes pas équivalent mais ce qui nous intéressera ici c’est de constater que, au-delà de simplement varier les choix technologiques, je me demande si les gens n’attendent pas aussi de plus en plus un appareil qui « montre » sa différence ou sa philosophie de conception ou d’écoute. C’est la raison de mon coup de foudre pour Avantgarde.
Ces enceintes Soulsonic montrent aussi une particularité qui semble se généraliser, c’est l’utilisation des tweeters et/ou médiums à ruban. Je connaissais les réalisations « Rubanoide » de Audio Consulting, étonnantes, les plus récentes et très fortement appréciées Answer de chez Audionec (cocorico bis) qui me semblent être parmi les plus spectaculaires dans le rapport rendu/prix, les Nola Speakers Baby Grand Référence qui ont aussi fait ici grande impression, j’en vois donc vraiment beaucoup dans tous les reportages.

J’ai rencontré sur Facebook un artiste-scuplteur américain qui fabrique aussi des enceintes audiophiles hors normes mais qui ne pouvait sans doute les présenter par manque de budget, c’est Randy Kunin le fondateur de Sounds by Design. Allez voir son travail, nous en entendrons sans doute parler bientôt.

Beaucoup de rédacteurs-critiques-bloggers sont aussi tombés sous le charme d’une enceinte superbe et très abordable parmi les systèmes présentés, les Studio Electric Type 3. La boule est en vogue en europe avec les magnifiques Elipson Planet L, les Cabasse, les Dwevel Planets et j’en passe car le plus important c’est que ça marche bien et même très bien, même à prix raisonnable. J’en veut pour preuve les Planet L que j’ai pu essayer et qui sont assez incroyable pour la modique somme de 700€ la paire !
Les Type 3 de Studio Electric ont donc malgré leur tarif raisonnable de 2550$ su capter leur auditoire et transmettre une très belle émotion musicale. Je les trouve personnellement très esthétiques, racées et assez élégantes. J’aimerais les écouter en vrai.

Zu Audio s’affirme en outsider

Voilà une marque d’enceintes que j’aime bien. Fan de mes Klipsch Heresy III, j’envisage d’une certaine manière le son américain à haut rendement et mes recherches dans cette quête m’ont amené à découvrir Zu Audio. Le design est sobre mais marqué, la gamme cohérente et les prix sont raisonnables. A cela s’ajoute une presse séduite, ce qui n’est pas du tout évident, et me voilà face à une véritable philosophie intégralement respectée surtout dans l’univers des musiciens.
Le fait qu’ils aient assurés les démo de leur model Soul Superfly avec un ampli Luxman SQ38-U a fini par me séduire au-delà de leur approche de l’écoute très immersive et détendue. Mais cette année, pour le CES 2011, ils sortent l’artillerie lourde avec leur très impressionnant modèle Dominance, le fer de lance de la gamme qui les fait entrer dans la cour des grands en terme de tarif (40 000$). Les écoutes dont j’ai pu lire quelques résumés crédibles (audiophiliac, audio review, stereophile,…) étaient assez unanimes devant la qualité de cette nouvelle enceinte.

A révolution in American HI-FI, ainsi se présentent-ils !

Après l’excellent buzz généré sur la Omen à 1000$ la paire avec des retombées extrêmement positives, il semble se passer le même phénomène avec ce modèle vraiment plus haut de gamme ! Tout type de public se retrouve donc dans cette marque sachant séduire tous les budgets avec la même philosophie de qualité de conception et de fabrication mettant la musique avant toute chose. Zu Audio devient à mon sens un outsider sérieux du marché américain et devrait pointer en Europe d’ici peu.

Le vinyle, toujours un peu plus…

Le vinyle n’en finit pas de s’affirmer comme une alternative à une consommation dématérialisée quelle qu’en soit la qualité. Le plus beau symbole en est l’engouement pour le couteau suisse du moment plébiscité par tous, le Futur Tech GT40. C’est la meilleure passerelle entre votre platine vinyle et le mac (ou tout autre), ainsi qu’un redoutable ampli casque. Il rip les vinyle en 24bits – 96kHz via l’USB, le tout pour 450$ !

Pro-ject, ma marque fétiche présente toute sa large gamme de platines et accessoires phono. J’ai personnellement une Xpression III Classic qui me ravit au quotidien. A un prix public de 750€ c’est une véritable platine audiophile sérieuse, sensible et précise et surtout très belle. La finition est superbe pour le niveau de gamme. L’entrée de gamme qu’est la Début III n’en finit pas de surprendre et de séduire les audiophiles avertis malgré un tarif de 299€.
Pro-ject Audio a su produire en série un ensemble de briques pouvant s’assembler à volonté jusqu’à se faire un système complet. Le rapport qualité/prix/plaisir est absolument imbattable.

La VPI Classic II enthousiasme toujours autant devenant un vrai grand classique de la platine américaine. Elle est disponible en france chez Audio Analogue Distribution pour environ 4000€.
Chez Oracle, sentant l’ère du temps, ils proposent un nouveau modèle plus abordable que la Delphi, nommée Paris (mais bien moins belle), et qui est tout à fait dans la lignée épurée et colorée des Pro-ject Début III ou de la Rega RP1. Gageons qu’elle offre tout de même ce que l’on attend d’une platine Oracle, à savoir une mécanique irréprochable et un soin de fabrication exceptionnel.

Ce que j’en retire…

La tendance de l’acheteur semble aller vers deux demandes. La première concerne l’attente d’un rapport visible et tangible entre l’investissement fait et le plaisir global qu’il va procurer. La seconde sera de miser sur des valeurs sûres, anciennes ou non mais faisant montre d’une philosophie stricte et claire. Le style rétro-moderne continue de séduire et de s’affirmer et la musique dématérialisée se développe dans un sens très audiophile avec des appareils très accessibles. Finalement le constat est plutôt intéressant et positif, et annonce une année à venir des plus intéressantes.

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